Au Nid de Brebis

Au nid de brebis


lundi 13 février 2017

LETTRE AUX BERGERS 2017

Participez à la "LETTRE AUX BERGERS 2017 " . Tribune de partage entre bergers , vos textes ,coups 

de gueule, poésies , retours d'expérience ......avant le 31 mars 2017 /

à mariettepeinchaud@gmail.com .

mardi 7 février 2017

Dans les yeux d’un berger

Respire ! #1 Dans les yeux d’un berger on Vimeo

Une échappée visuelle en caméra subjective, avec Fabien, le jour de la descente de l'estive. Premier épisode d'une série de courts : Sensations d'espace et de mouvement dans la peau d'une personne qui bouge et s'active dehors. Entre sens de l'effort et émotion des paysages, sur le territoire de l'Ariège.

vendredi 3 février 2017

le nouveau feuilleton Des mots de minuit. "Une bergère contre vents et marées" #2: un hiver en bergerie

le nouveau feuilleton Des mots de minuit. "Une bergère contre vents et marées" #2: un hiver en bergerie

le nouveau feuilleton Des mots de minuit. "Une bergère contre vents et marées" #2: un hiver en bergerie

Par  @Culturebox
Publié le 03/02/2017 à 10H00
Une bergère contre vents et marées 1© Claude Hubert
Les prairies normandes ont beau être vertes toute l’année, les brebis ont besoin d’un toit pour mettre au monde leurs agneaux, car ils naissent à la saison la plus froide. L’écrin douillet d’une bergerie permet de les accueillir à l’abri de la pluie et des renards.
Ce dimanche, j’ai fait une "grasse matinée" et je ne suis allée à la bergerie qu’à 8h. D’habitude, c’est 7h avec une lampe frontale, car je n’ai pas l’électricité.
Le rythme de travail est plus intense l’hiver, car c’est la saison de naissance de tous les agneaux presque en simultané. En quelques semaines, je joue mes résultats financiers de l’année, car si je rate mon agnelage, j’aurai peu d’agneaux à vendre, donc peu de revenus.
Pour comprendre à quel point cette période est chargée en adrénaline, il faut savoir que les agneaux nouveau-nés rivalisent d’inventivité pour mourir de manière idiote: la tête coincée dans une barrière, noyé dans un seau d’eau, étouffé sous leur mère, ou encore mort de faim devant une mamelle pleine de lait au trayon trop large pour leur bouche. Les premières heures sont décisives et nécessitent une surveillance constante.
Bergère contre vents et marée #2 2© Claude Hubert
L’hivernage en bergerie permet une connexion particulière avec le troupeau, qui redevient très familier, contrairement au reste de l’année où il vit en liberté dans les herbages. Les brebis sont en fin de gestation, énormes et affamées. Certaines ont du mal à traîner leur gros ventre, et se déplacent avec effort, ce qui renvoie à une image féminine plutôt risible. Un troupeau est un matriarcat, composé essentiellement de femelles, et les enjeux d’élevage relèvent de la maternité, de la naissance, de l’allaitement, de la maladie néonatale, de rivalité fraternelle, etc... J’endosse le rôle de cantinière, de femme de chambre, de gynéco et de nounou. Et parfois de sage-femme quand une brebis ne peut pas mettre bas toute seule, voire de psy quand l’une refuse de laisser téter son agneau, qui risque alors de mourir.
Bergère contre vents et marée #2 3© Claude Hubert
Car cela leur arrive parfois, la nature n’est pas si parfaite. Ou plutôt, c’est le fait d’élever des animaux qui est artificiel (même quand on a des pratiques dites naturelles) car les attentes de rentabilité et de croissance sont plus soutenues qu’à l’état sauvage. On peut donc admettre qu’elles ont aussi le droit à la rébellion et au rejet du système.
En pénétrant ce matin dans la bergerie, j’ai culpabilisé de ne pas être venue plus tôt. Trois brebis avaient mis bas, cinq agneaux étaient recouverts de liquide amniotiques et se baladaient dans le décor. Les mères ne savaient plus qui elles devaient allaiter. D’autres brebis léchaient les nouveau-nés, croyant qu’elles venaient de les pondre elles-mêmes (elles doivent se prendre quelques hallucinations à cause des hormones et de la fatigue de fin de gestation!) risquant ainsi de brouiller les pistes olfactives. J’ai enfermé les jeunes mères dans des enclos individuels et testé toutes les combinaisons mère-enfant jusqu’à ce que chacun retrouve sa chacune et s’accroche à la mamelle qui lui est prédestinée.
Bergère contre vents et marée #2 4© Claude Hubert
Outre gérer les naissances, le travail consiste à nourrir et abreuver tous ces ventres, et comme elles avalent foin et céréales plus vite que je ne le distribue – et que mes équipements ne sont pas très fonctionnels – le travail quotidien pendant deux mois est physique et répétitif.
Ma bergerie est une grande serre posée au milieu d’un champ. Sans eau ni électricité. Il ne s’agit pas d’un rejet volontaire de la modernité, mais d’une interdiction de construire et de me raccorder aux réseaux car mes prairies se trouvent en bordure d’un site classé, dans un parc naturel régional, soumises à la loi littorale, dans une zone submersible, Natura 2000, où rien n’est autorisé…  Ma serre est assez disgracieuse, mais cachée derrière une haie, et l’aménagement intérieur permet un relatif confort. Et puis je la visualise comme temporaire, car je mise encore sur la chance que les multiples services administratifs m’accordent un jour un permis de construire une vraie bergerie.
Bergère contre vents et marée #2 5© Claude Hubert
J’utilise mon tracteur pour déplacer les balles de foin, mais le reste du travail relève de l’huile de coude: je vais pomper de l’eau à la rivière avec des cuves ficelées sur une vieille remorque, je la siphonne en l’aspirant avec un tuyau d’arrosage, je déroule le foin à la fourche dans les râteliers en palette et les auges sont fabriquées avec des gouttières… Un Do It Yourself un peu moyenâgeux mais totalement décroissant.
Après la prise de conscience que j’avais des bras et des jambes (découverte rurale révolutionnaire), mes expérimentations de "Bricol’ Girl" m’ont définitivement guérie de ma mélancolie citadine.

dimanche 29 janvier 2017

"Une bergère contre vents et marées"

Un nouveau feuilleton Des mots de minuit. "Une bergère contre vents et marées" #1: s'imprégner du troupeau

Un nouveau feuilleton Des mots de minuit. "Une bergère contre vents et marées" #1: s'imprégner du troupeau

Par  @Culturebox
Mis à jour le 28/01/2017 à 17H56, publié le 28/01/2017 à 17H55
Néo bergère #1 28/01/17© Claude Hubert
Quitter Paris pour élever des moutons en Normandie. S’installer dans les prés-salés qu’il faut partager. Découvrir un terroir fertile, une ruralité pleine de paradoxes, une agriculture à réinventer et persévérer contre vents et marées. Je suis ainsi devenue éleveuse de moutons; "une bergère contre vents et marées" qui avait envie de raconter.
Depuis 6 ans, j’exerce le métier de "bergère", mot évoquant un délicieux pastoralisme libre - tout en suggérant le raffinement suranné d’une toile de Jouy.
Mais mon métier est officiellement "chef d’exploitation agricole" - un terme règlementaire pas du tout poétique, qui rentre dans les cases des formulaires agricoles européens!
Ce sont deux métiers différents: les bergères ont pour mission de surveiller le troupeau, et elles sont généralement salariées pour une saison, tandis que le chef d’exploitation s’occupe des animaux et de leur commercialisation, de la fiscalité, de la règlementation, des mises aux normes, du taux d’endettement, des fournisseurs, des problèmes d’assurance, de banque, de comptabilité... Bref, c’est un chef d’entreprise cadenassé par moultes règlementations parfois contradictoires.
Néo Bergère #1 photo 2© Claude Hubert
Car l’agriculture n’est pas un domaine libéral: le droit à produire est soumis à des quotas et à des autorisations d’exploiter, émanant d’administrations lointaines ou de commissions composées des agriculteurs du voisinage. Un éleveur n’est pas seul décisionnaire du développement de son activité. Cela fait partie des frustrations de ce métier.
Pour ces diverses raisons, la dénomination de "bergère moderne" me semble mieux adaptée au type d’agriculture que je défends.
J’élève des moutons dans les prés-salés, ces vastes herbages qui sont recouverts par l’eau de mer chaque mois, au moment des grandes marées. La flore qui y pousse est salée, et donne à la viande d’agneau un goût subtil. La baie du Mont Saint-Michel constitue l'une des plus célèbres, mais on trouve d’autres prés-salés sur le littoral de la Manche et du Cotentin. Des baies plus petites, appelées "havres" forment des espaces secrets et réservés. Mes brebis pâturent le Havre de St-Germain sur Ay, une zone sauvage très belle, que je partage avec d’autres éleveurs.
J’ai créé ma ferme il y a 6 ans, après une première vie professionnelle à Paris, orientée graphisme, audiovisuel et communication informatique. J’ai découvert la beauté du Cotentin et rencontré un vieil agriculteur préparant sa retraite: il m’a proposé de racheter son activité et j’ai repris des études agricoles dans cette optique... avant de découvrir qu’il s’agissait d’un escroc, encouragé par la vague de néo-ruraux qui rêvent de mettre les mains dans la terre! Il promettait sa ferme à de nombreux candidats inexpérimentés en quête d’un projet de vie à la campagne (tout comme moi) et les faisait travailler gratuitement pour "bien s’imprégner du troupeau". Quand le candidat insistait pour racheter l’affaire, au bout d’un an à se dévouer comme sous-fifre, l’éleveur se mettait à pratiquer une forme de harcèlement moral passif-agressif visant à le décourager. Cette méthode hautement efficace a épuisé une douzaine de candidats avant moi. Ils ont fini par partir pour se reconstruire le moral ailleurs. Pour moi qui avais misé ma vie sur cette orientation professionnelle, et donc tout brûlé en quittant Paris... la perspective de me faire arnaquer par un vieux renard édenté qui avait arrêté l’école à 14 ans m’a particulièrement vexée. Et m’a déterminée à créer toute seule mon propre troupeau de moutons. Juste à côté de chez lui – pas pour faire de la provocation, mais c’est le seul endroit où j’ai trouvé de la terre.
Néo Bergère #1 photo 3© Claude Hubert
J’ai donc créée ma toute petite ferme. Avec une seule prairie au départ, et 100 brebis à élever afin qu’elles produisent des agneaux de prés-salés, viande très recherchée.
En 6 ans, j’ai rencontré à peu près tous les obstacles, déconvenues, projets qui tombent à l’eau, menaces des administrations, intimidations des éleveurs voisins, blocages règlementaires et bancaires,... parallèlement aux contraintes d’une agriculture naturelle en Normandie, liée à la météo marine, pleine de tempêtes, de grandes marées, de tracteur enlisé, de moutons pas coopérants et de fossé culturel ébouriffant!
Mais – me dis-je – je suis toujours là! Vivante, avec à peu près la même énergie qu'il y a six ans, maîtrisant mieux le patois local et la résistance aux absurdités agricoles.
Le plus dur semble derrière (c’est un mantra de survie) et j’émerge de 6 ans d’apnée à prouver ma légitimité à élever ici des moutons. Mon exploitation n’est plus menacée de banqueroute car j’ai remboursé la majorité de mes emprunts, et je vais peut-être même envisager de me rémunérer (à moitié). Un tel luxe dans le monde de l’élevage qu’il est presque inavouable!
Sortir la tête de l’eau me donne l’impression que tout est possible, que l’agriculture contemporaine est un univers inabouti, mais un support génial pour créer des passerelles inattendues avec d’autres domaines ! Bref, que tout est à faire.
 

vendredi 20 janvier 2017

Ville de Saint-Martin-de-Crau - Foire agricole de la Saint-Valentin

Ville de Saint-Martin-de-Crau - Foire agricole de la Saint-Valentin

Foire agricole de la Saint-Valentin

Le 08/02/2017
Renseignements :
04 90 47 98 40
La Saint-Valentin est une date clé du cycle de la transhumance. A l’automne, les moutons descendent des Alpages et pâturent les prairies jusqu’au 14 février. C’est aussi la période propice à l’agnelage. La ville profite de cette date pour accueillir le monde pastoral dans le cadre d’une grande foire agricole.
Pendant tout un mercredi, éleveurs et bergers se retrouvent pour une vente prioritaire de béliers et une présentation réalisée par l’Unité de Promotion de la Race du Mérinos d’Arles (UPRA) des plus beaux ovins. Les ânes de Provence sont également mis à l’honneur. Sous le contrôle du haras d’Uzès, des juges experts vérifient leur conformité aux standards de la race.
Des concours sont régulièrement organisés pour récompenser les plus beaux spécimens de ces deux espèces. Cette grande fête traditionnelle permet ainsi aux visiteurs de les découvrir, et aux professionnels d’acquérir des reproducteurs toutes races.
Par ailleurs, la Foire Agricole de la Saint-Valentin, c’est aussi la vente de matériels agricoles et de produits régionaux. Et, pour agrémenter la journée, diverses animations sont prévues qui varient au fil des ans : démonstrations de chiens de berger, tonte de moutons, balades en poney ou à dos d’âne…

PLUS D’INFORMATIONS 

jeudi 19 janvier 2017

Un Luzycois soigne les animaux avec ses mains - Luzy (58170) - Le Journal du Centre

Un Luzycois soigne les animaux avec ses mains - Luzy (58170) - Le Journal du Centre

Médecine alternative

Un Luzycois soigne les animaux avec ses mains


Un Luzycois soigne les animaux avec ses mains
Emmanuel Dumas (à gauche) soigne un veau ayant des problèmes de dos. © Frédéric LONJON
Méconnue du public et peu répandue dans la Nièvre, l’ostéopathie animale commence pourtant à prendre sa place dans le milieu de la médecine vétérinaire.
Vétérinaire de formation, Emmanuel Dumas pratique l’ostéopathie de manière exclusive depuis 2012, à Luzy. Futur diplômé d’un D.I.E en ostéopathie vétérinaire, il soigne déjà de nombreuses espèces : chiens, chats, chevaux, vaches et même... chèvres !

“L’ostéopathie est un métier très souple, qui propose une approche différente de la médecine classique. Il faut savoir s’adapter en fonction de l’animal, de la situation et de l’environnement”. Remplaçant le rebouteux d’autrefois, l’ostéopathe fait l’objet d’une demande importante, notamment de la part des éleveurs.
“Le métier se démocratise petit à petit, et prouve que l’on peut soigner des animaux avec des techniques manuelles”.


Des interventions variées


La consultation d’un ostéopathe est considérée comme nécessaire dès que l’animal présente un problème d’aplomb. Toutefois, une grande partie de sa clientèle étant bovine, les interventions d’Emmanuel Dumas peuvent varier en fonction des saisons. “En ce moment, avec les vêlages, je m’occupe souvent de jeunes veaux qui peinent à se mettre sur leurs pattes ou à téter. Alors qu’au Printemps”, poursuit-il, “j’aurais plus tendance à soigner des vaches qui se sont blessées lors du lâcher (*)”. Il rappelle cependant qu’en cas de fracture ou d’entorse, c’est à un vétérinaire de prendre le relais.

Depuis qu’il exerce, le Luzycois a assisté à l’évolution de son rapport avec les animaux.
“Je les écoute  plus, je cherche à comprendre leur environnement. Je les appréhende dans leur globalité afin de remonter à la source du problème. Sans cela, on ne peut pas avoir de bons résultats”.


Harmonie entre homme et animal


La particularité du métier, c’est la création d’une relation harmonieuse entre l’homme et l’animal. Et c’est ce qu’Emmanuel Dumas apprécie le plus. “On ne se bat pas avec l’animal. On prend le temps de bien faire. Il comprend qu’on est là pour l’aider, il nous accepte et donc, il  se laisser manipuler”.

Le métier est-il destiné à  évoluer ? Probablement. “De plus en plus de vétérinaires se forment en ostéopathie, et même si toute le monde n’est pas prêt à laisser son animal être manipulé, les gens sont beaucoup plus ouverts”, constate-t-il.

(*) Mise en pré. 


mardi 10 janvier 2017

Auprès de son bœuf

Auprès de son bœuf Auprès de son bœuf, il vivait heureux Anachronique mais ravi, le Vaudois Gaëtan Dübler s’est improvisé bouvier. Il propose, avec son bœuf, trekkings à travers la Suisse et livraison de bière. Bout de route avec ce tandem brinquebalant, entre Yverdon et Vallorbe. Les brumes s’étiolent au pied du Jura, ouvrant un ciel bleu cristallin. Les champs sont encore engourdis de givre, tandis que Léo rumine stoïquement dans le soleil pâle. Léo ? Un bœuf trapu, 13 mois à peine pour 250 kilos, la robe bicolore comme un Simmental. Mais Léo n’est pas seul. Juste à côté de lui, une petite tente orange, un réchaud, du matériel de camping et Gaëtan Dübler, qui s’affaire déjà aux premières tâches du matin. «Ce sera une belle journée! La lumière est déjà magnifique», dit-il en roulant son sac de couchage. Malgré le froid de décembre, Gaëtan Dübler a dormi là, auprès de son bœuf attaché à un pieu, tous deux en lisière de forêt, non loin du village de Sergey (VD). «Les premières nuits, j’étais inquiet pour Léo. Je me réveillais pour le voir. Maintenant c’est une routine. Mais il aime bien que je sois avec lui, sinon il a peur et il se met à beugler. Par contre, il tient bien les basses températures, jusqu’à -15° C, sans problème.» Le bœuf doit maîtriser sa visite en ville avec autant d’assurance que le passage d’un chemin escarpé en montagne. Le jeune homme qui marche avec un bœuf, c’est donc lui. Qui transporte à dos de bovin les bières de la brasserie La Concorde de Vallorbe au café Le Tempo à Yverdon. Qui vit à la fois dans le monde, et juste à côté. D’ailleurs, ce jour-là, il chemine justement en direction de Vallorbe pour aller chercher sa cargaison: trois caisses de bières artisanales qu’il doit livrer le surlendemain. Quatre jours pour transporter 72 bouteilles. Anachronique. Hors du temps. Décalé. La majeure partie du temps, «Léo» et son bouvier vivent en plein air Vers 10 heures, il lève le camp. Eparpille les cendres, démonte la tente et range tout dans son sac à dos. S’attelle ensuite à bâter Léo, soupèse les deux sacoches plusieurs fois pour s’assurer que le poids est bien réparti. «Je m’arrange aussi pour qu’on ait tous les deux une charge équivalente. On marche au même rythme. Je ne dépasse pas les huit heures par jour pour lui éviter les fractures de fatigue», dit-il en inspectant minutieusement les lieux avant de partir, histoire de s’assurer qu’il n’a rien oublié. Une nouvelle vie en accord avec lui-même Ainsi, à 37 ans, Gaëtan Dübler a changé de vie. Radicalement. Ce licencié en biologie moléculaire a décroché un master en journalisme d’investigation à Montréal, et publié un ouvrage sur la paléoclimatologie. Mais déçu par le dogme de certains milieux universitaires, par un système économique qu’il pense voué à l’échec, il a décidé de tourner la page. Je ne pouvais pas faire le travail que je voulais, le débat est devenu trop restreint. Par ailleurs, on atteint les limites du capitalisme. On vit la fin de la globalisation, on va vers le fiasco, on sera obligé de revenir à une économie plus locale», dit-il pour expliquer son choix. «Là, je fais un travail honnête», ajoute-t-il simplement. En 2015, il décide donc d’acheter un animal de trait. Songe un instant au yak, avant de se rabattre sur le bœuf, «moins exotique». Et parce que cet animal a une force tranquille, le pied sûr et qu’il est facile à nourrir. «J’ai choisi la race allemande Hinterwald. Léo répond bien au dressage, sans jamais être complètement docile.» Sa première idée était de proposer des trekkings accompagnés à travers la Suisse, sur un, deux ou trois jours. Pour l’heure, ce sont les livraisons de bières qui marchent le mieux. Il a donc suivi une formation de bouvier en Alsace, avant de se lancer dans sa première expédition, en mai dernier, pour donner à son bœuf l’appétit de la randonnée: une marche de 450 km sur le chemin de Compostelle, d’Yverdon à Rorschach. «Pendant deux mois, on a été tous les jours ensemble. Marcher avec «Léo», c’est amusant, parce qu’il goûte, il renifle tout. Les gens sont très curieux quand ils le voient. On m’a beaucoup invité dans les fermes grâce à lui.» C’est comme un retour aux sources aussi pour cet homme qui a grandi à Rue (FR), entre deux génisses et cinq moutons. Une famille d’ingénieurs agricoles, une habitude des terres déjà. Et un amour certain pour la nature, la marche, le grand air d’ici, entre collines et vallons, forêt de résineux. La vie nomade était à deux pas. Elle est devenue presque son quotidien. «Plus on est dehors, plus on a de la peine à rester dedans. On avance à une vitesse différente, on rencontre des gens différents, qui ont un autre état d’esprit.» La brasserie La Concorde, ouverte à de nouvelles expériences, mise sur la livraison par bœuf de ses produits. C’est comme ça qu’il est devenu transporteur pour La Concorde à Vallorbe. Une petite entreprise, qui brasse à l’ancienne, tente des céréales oubliées, innove et mise sur le respect de l’environnement et la production régionale. «On a le projet de créer une bière bleue à partir d’une variété d’orge rare. Gaëtan Dübler plaisante: Léo fera tout, le transport des céréales des champs à la malterie, et du malt à la brasserie. Ce sera du 100% pur bœuf!» Sur le sentier qui monte à L’Abergement (VD), Léo s’attarde, file sur les bas-côtés à la recherche d’une touffe d’herbe. Mais le bouvier le tient serré, l’encourage à continuer en le tapotant sur les reins avec un bâton, la route est encore longue jusqu’à Vallorbe... Il a un caractère particulier. Il veut toujours prendre des raccourcis. Mais parfois c’est lui qui me corrige! Quand je marche, je dois pas mal me concentrer sur lui, penser à la logistique. On revient à des choses assez basiques, se protéger du froid, trouver du foin.» Vivre en toute simplicité, mais heureux Sûr que s’il pouvait, Gaëtan Dübler vivrait tout le temps dehors. «On voit les abeilles faire leur toilette. Les renards, les chevreuils, les lièvres ont tellement l’habitude de me voir passer qu’ils ne s’enfuient même plus.» Entre deux aventures, il rentre chez lui à Yverdon. Un studio, un vélo et un box pour Léo, à quelques minutes de la ville. Le choix d’une vie simple qu’il assume pleinement. On a réduit les distances, mais à quoi ça sert? Les gens sont-ils plus heureux professionnellement? Ils travaillent de plus en plus loin de chez eux et se font virer à l’âge de 50 ans…» Avec son pique-nique dans le sac à dos, il continue son chemin en direction de Ballaigues (VD) et prévoit d’arriver à bon port en toute fin d’après-midi. S’il presse un peu le pas, peut-être même avant la nuit. Et ce soir, il dormira dans le jardin du brasseur. Il montera sa tente dans le froid, à tâtons et aidé de sa lampe frontale comme souvent. Il trinquera peut-être avec le patron, Adrien Marin, qui l’attend à toute heure. Savourera l’instant de toutes façons. Et il y aura un tonneau de foin pour Léo. Le tandem s’éloigne en cahotant sur le chemin. Brinquebale un peu. Le bœuf et l’homme, comme un santon nouveau sorti de la crèche. «Continuer à livrer des bières avec Léo, c’est tout ce que je peux souhaiter pour l’avenir», dit-il en souriant, le regard déjà ailleurs. Texte: © Migros Magazine | Patricia Brambilla Publié dans l'édition MM 2 9 janvier 2017 Texte Patricia Brambilla Image(s) Laurent de Senarclens D'autres articles à découvrir «Je me sens profondément suisse» De l’utilité de compter sur ses doigts Le rêve selon Tobie Nathan «On croit tout savoir sur Noël» L’ineffable plaisir du souvenir

vendredi 6 janvier 2017

Du glucose pour sauver des nouveaux nés

Du glucose pour sauver des nouveaux nés Du glucose pour sauver des nouveaux nés Sur un agneau tout juste né et refroidi, c’est à dire avec la langue froide, il faut absolument réchauffer l’agneau et lui injecter du glucose avant de lui faire boire le colostrum. 20 ml de glucose 5 % en intrapéritonale pour sauver un nouveau né. 20 ml de glucose 5 % en intrapéritonale pour sauver un nouveau né. - © M.R. En effet, le cerveau est consommateur de glucose et si l’agneau réchauffé manque de glucose, il en meurt. C’est un peu comme si on essayait de démarrer une voiture qui était en panne sans s’assurer que le réservoir contienne du carburant. Deux modes d’injection sont alors possibles sur ces nouveaux nés : sous cutanée ou bien intrapéritonéale. Dans les deux cas, l’utilisation de seringues et d’aiguilles à usage unique se justifient car le petit agneau est sensible aux infections de toute sorte et à la douleur. L’intrapérionéale est plus efficace Pour réaliser une injection intrapéritonéale, on repère la cavité abdominale avec le nombril au milieu. L’injection est réalisée dans le quart droit. Une fois l’aiguille dans la cavité abdominale, on aspire légèrement pour vérifier qu’aucun organe n’est touché. Puis, on injecte doucement le produit réchauffé (15 à 20 ml pour le glucose). Ce type d’injection a pour avantage d’injecter d’importantes quantités de produit directement dans la cavité abdominale et ainsi de garantir une efficacité rapide et maximale. Attention, seul le glucose 5 % convient en intra-péritonéale. Réserver le glucose 10 % aux autres modes d’injection car cela pourrait être fatal à l’agneau. Des vidéos et fiches techniques sur le sujet sont disponibles sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr : «les injections sur agneaux», «sonder un agneaux».

lundi 19 décembre 2016

INRA - Les filles plus attachées à leur mère que les fils

INRA - Les filles plus attachées à leur mère que les fils Les filles plus attachées à leur mère que les fils...chez les ovins Chez les ovins, le lien d’attachement entre le jeune et sa mère est très fort. Le fait que les agnelles soient plus fortement attachées à leur mère que les agneaux pourrait expliquer la ségrégation sexuelle observée chez les ruminants, les jeunes femelles restant dans le troupeau avec leur mère, les jeunes mâles en étant exclus. Brebis Romane et son agnelle. © Inra, Raymond Nowak Chez les ongulés, la ségrégation sexuelle est très répandue et se traduit par une dispersion des jeunes mâles au moment du sevrage, contrairement aux femelles qui restent sur le territoire de leur groupe natal. Parfois, les femelles se regroupent par lignée maternelle, ce qui témoigne d’un lien social particulièrement fort entre ces femelles apparentées, comme cela existe chez certains primates. Des données sur des espèces d’ovins sauvages laissent penser à un lien mère-fille privilégié par rapport au lien mère-fils. Cette étude avait pour but de tester l’attachement de l’agneau pour sa mère. Cet attachement a été mesuré en utilisant trois critères définis initialement chez les humains : recherche de proximité, détresse après la séparation et activité d’exploration en présence de la mère. Les agneaux âgés de trois semaines ont été testés dans deux situations expérimentales dans lesquelles ils pouvaient interagir soit avec leur mère, soit avec une brebis familière ou avec une brebis inconnue. Les agnelles plus attachées à leur mère que leurs frères Tout d’abord, lors d'un test de choix entre la mère et la brebis familière, les filles ont maintenu une proximité plus étroite avec la mère que les fils. Au cours du même test mais en l'absence de la mère (choix restreint à une brebis familière ou une brebis inconnue), les filles étaient en plus grande détresse que les fils. Soumis à une épreuve avec 3 phases successives d’isolement du jeune, puis de réunion avec sa mère, puis de séparation à nouveau, la phase de réunion avec la mère a induit un comportement exploratoire plus important chez les filles que chez les fils. Ce comportement reflète le fait que, dans un environnement nouveau, les agnelles se sentent davantage en sécurité en présence de leur mère, en comparaison des agneaux. Dans l'ensemble, les filles affichent des comportements d'attachement plus forts à leur mère que les fils. Cette différence précoce de comportement peut être un facteur clé conduisant à la préférence sociale entre femelles et à la ségrégation sociale entre les sexes. Les conséquences de l’attachement en élevage L’existence de cet attachement fort avec la mère, encore plus prononcé chez les femelles que chez les mâles, questionne sur les conséquences du sevrage précoce dans certaines situations d’élevage (allaitement artificiel). Un programme d’étude (projet Région Ovin2A, métaprogramme Gisa Whelp) sur les causes de la morbidité et de la mortalité des agneaux élevés en allaitement artificiel est en cours. En plus des aspects environnementaux (bâtiment d’élevage) et nutritionnels liés au passage au lait en poudre (troubles gastro-intestinaux, ajouts de probiotiques), ce programme prend en compte les aspects psychologiques (présence de brebis adultes ou d'un soigneur palliant l’absence de la mère).

samedi 5 novembre 2016

Le fauchage du foin sauvage, une tradition suisse fascinante | Histoire Suisse

Le fauchage du foin sauvage, une tradition suisse fascinante | Histoire Suisse

Dans les archives familiales, je suis tombé un jour sur une bobine de film en noir et blanc datant des années 1960. On y voit mes aïeux faucher le foin sur leur pâturage dans la vallée rhénane à la fin de l'été. Sur l'un des plans, un vieux fermier charge un énorme ballot de foin sur une luge pour le faire descendre dans la vallée. En voyant ces scènes, je me suis demandé en quoi consistait exactement la tradition de la fenaison dans les Alpes et si elle était toujours pratiquée de nos jours.

Les véritables supermen suisses

Pendant des siècles, les paysans des régions alpines ont accompli des efforts surhumains pour récolter le foin dans les zones de montagne les plus reculées. Chaque été, ils partaient du fin fond de leur vallée et montaient très haut dans leurs pâturages des Alpes pour faucher à la main leur foin. Très riche sur le plan nutritif, ce foin spécial était utilisé pour nourrir les animaux durant les longs hivers rigoureux.
Mais, revenons au début du cycle de production du foin. Le processus, qui démarre au début de l'été, se découpe en plusieurs étapes. Juste après la fonte des neiges, la première tâche consiste à faire une inspection des pâturages pour les débarrasser des rochers, des branchages et autres débris qui s'y sont accumulés durant l'hiver. Une fois tous les obstacles enlevés, les fermiers doivent mettre en place des chemins d'accès et stabiliser toutes les parcelles qui auraient été altérées.
En juillet vient le moment de passer à l'étape suivante. Munis de serpes, de crampons et de cordes pour sécuriser leur position, les fermiers et leurs travailleurs saisonniers évoluent sur des prairies presque verticales pour faucher les graminées, les herbes et les arbustes. Bien que la technologie ait évolué au fil des ans (les fermiers portent aujourd'hui des chaussures de montagne et non plus des sabots de bois équipés de crampons de fortune), le défi reste le même puisqu'il s'agit de se déplacer en sécurité sur des pentes très raides.

La fin de l'été coïncide avec le début de la moisson. La matière organique ayant lentement séché sous l'action du soleil et du vent, les fermiers reviennent sur leurs parcelles de montagne. À l'aide de grands râteaux, ils entassent le foin séché dans de grands filets, formant d'énormes meules pouvant peser jusqu'à 60 kg.
Wildheuen à Schächental
Wildheuen à Schächental © Matthias Gräub/Tierwelt
Ces filets, appelés Pinggel en Suisse centrale, étaient autrefois chargés sur des traîneaux pour être transportés jusque dans la vallée. Aujourd'hui, les fermiers ont généralement recours à la tyrolienne. Dans le canton d'Uri, qui présente des falaises escarpées, on entend souvent de loin le sifflement caractéristique que font les ballots ainsi acheminés dans les airs. Mais les hélicoptères sont le moyen de transport des balles de foin le plus efficace puisqu'il est possible d'en déplacer jusqu'à 1000 kg par minute avec ces engins.

Une entreprise risquée

C'est en dernière phase de récolte du foin que la plupart des accidents se produisent. Il est très dangereux en effet de manipuler les lourds ballots encombrants en altitude. Les personnes qui s'attachent à perpétuer cette tradition périlleuse doivent être forts et agiles, mais aussi avoir de solides compétences d'alpinistes. Un siècle auparavant, les fermiers suisses, très créatifs, ont mis au point le régime idéal pour les aider à passer l'été. Le breuvage de prédilection d'Alois Blättler, célèbre en son temps dans le milieu des faneurs, était le café noir très sucré additionné de liqueur. Les repas des fermiers étaient constitués «de bacon, de saucisses fumées, de bœuf séché, de pain et de fromage.» (Alois Blättler, 1944)
Repas des fermiers

Mais pourquoi diable les fermiers des régions alpines se donnaient-ils la peine de faucher le foin dans les moindres recoins des pâturages?

Outre la valeur nutritionnelle très intéressante du foin récolté en montagne par rapport aux aliments industriels pour le bétail, il existe des raisons moins évidentes. Prenons par exemple la prévention des avalanches. Les masses de neige prennent tout naturellement de la vitesse sur les surfaces glissantes. Si les pâtures étaient négligées durant l'été, les pluies automnales et la neige hivernale aplaniraient les hautes herbes, ce qui faciliterait l'érosion au printemps.
La fenaison présente un autre atout de taille: elle préserve la santé des plantes et des animaux. La majeure partie de l'année, il n'y a pas d'intervention sur ces pâtures verticales, ce qui fait qu'un grand nombre d'insectes et de fleurs sauvages peuvent y prospérer. Les papillons et les abeilles recueillent le nectar tandis que les chenilles et autres petites bêtes se délectent de plantes savoureuses. Les pâturages destinés à être fauchés sont de véritables havres pour la biodiversité.
Pâtures verticales
Pâtures verticales © JauNatur

Le retour de la fenaison dans le canton d'Uri

Est-ce que vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez randonné à travers des pâturages à la fin de l'été? Avez-vous senti l'odeur du foin frais de votre enfance? Il y a des chances que cela ait été le cas car la fenaison en montagne a connu un renouveau ces dernières années.
Les progrès technologiques agricoles et l'absence d'incitations financières avaient presque eu raison de cette tradition séculaire importante quand, en 2013, les autorités locales d'Uri ont lancé une initiative pour le patrimoine dans un nouvel élan visant à la préserver. Des subventions spéciales ont été accordées aux fermiers qui restent attachés à la pratique manuelle ainsi qu'à ceux qui entretiennent des parcelles réputées difficiles d'accès.
Fauchage du foin sauvage © Luzern Tourismus
Fauchage du foin sauvage © Luzern Tourismus
Plus de cent fermiers ont choisi de se lancer dans l'aventure de la fenaison depuis lors et ce petit canton revendique un tiers des prairies de foin sauvage de Suisse. Quelque deux douzaines de sites sont situés sur le Rophaien et à Isenthal, où la fenaison en altitude est une tradition vivante. Grâce à ces efforts soutenus, les pâturages de foin sauvage ont été désignés paysage de l’année 2016.

Où peut-on encore observer l'application de techniques de fauche du foin sauvage en Suisse?

Celles et ceux qui sont fascinés par l'histoire et les traditions peuvent en faire l'expérience dans plusieurs régions. Vous entendez le bruit de souffleuses à feuilles dans les montagnes? Vous pouvez alors être assurés que la fenaison en montagne est en marche vers le progrès. Pour atteindre l'un des sites de référence suivants, il faut grimper à plus de 1500 mètres d'altitude:
  • Oberland bernois: Niesenflanke, Brienzer Grat, Saanenland, Kandertal
  • Glaris: Brandalp (Ennenda), Bischoff (Elm), Glattalp (Engi), Ahornen (Näfels)
  • Grisons Avers, Hinterrhein, Rheinwald
  • Obwald: Stanserhorn, Pilatus, Sachseln, Lungern, Engelberg
  • Nidwald: Stanserhorn, Buochserhorn, Oberrickenbach, Haldigrat sur Niederrickenbach
  • Schwyz: Fronalpstock, Muotathal
  • Tessin: Monte Generoso, Arogno
  • Uri: Rophaien (Flüelen)
Wildheuen
© Klaus Wäscher/Landwirtschaftlicher Informationsdienst

Bonus: Terminologie propre au ramassage du foin sauvage

dengeln/dängelen {verbe}: aiguiser une faux
mähen {verbe}: faucher. Apprendre à exceller dans la coupe du foin peut prendre toute une vie. Les coupes les plus propres, qui ne laissent pas de mottes d'herbes, sont celles qui sont effectuées lorsque le sol est encore humide de la rosée du matin.
Pinggel {nom}: énorme filet rempli de foin sauvage séché
Planggen {nom}: pâturages de montagne où le foin sauvage prospère et dont l'inclinaison, presque verticale, est trop abrupte pour y faire paître des bovins mais parfaite pour les brebis et les chèvres.
Triste {nom}: méthode traditionnelle de stockage du foin sauvage en plein air. Un tronc d'arbre entouré d'un lit de pierres et de brindilles constitue le centre de gravité. Le foin est entassé autour du tronc de manière à être stabilisé par son propre poids.
Wildi {nom}: pâturages à foin sauvage
Photo d'époque
Photo d'époque © vilan24

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