Au Nid de Brebis

Au nid de brebis


vendredi 23 juin 2017

Épisode #22: Lettre à notre nouveau Ministre de l’Agriculture

Par  @Culturebox
Mis à jour le 23/06/2017 à 13H43, publié le 23/06/2017 à 12H00
Bergère 22 couv
Cette semaine a vu la nomination de Stéphane Travert comme Ministre de l’Agriculture. C’est une nouvelle réjouissante car c’est le député de ma circonscription, où il est très apprécié : il est proche des citoyens, pragmatique et impliqué localement. Les dossiers agricoles, il les connait davantage du point de vue du terrain et de l’humain que depuis un bureau!
Son local de campagne législative se trouve à quelques centaines de mètres du petit bureau secret où j’écris ces lignes, près de la jolie abbaye de Lessay. Elle fut construite au Moyen-Âge sur une zone de marécage, comme un défi des moines à la nature, au milieu de la plus vaste zone de lande de Normandie, qu’on disait hantée. Jules Barbey d’Aurevilly, dans L'Ensorcelée, en livre des descriptions fantomatiques. Ces tourbières, marais, landes et dunes font aujourd’hui l’objet de multiples protections, et leur gestion a permis le maintien d’une biodiversité rare: plantes carnivores, papillons oubliés et retrouvés, oiseaux migrateurs réconciliés… L’agriculture y est l’économie dominante: la production laitière évidemment, mais aussi les légumes (les deux plus importants légumiers bio de France sont là !), les cultures marines que sont les huîtres et les moules, et un tout petit peu les moutons pour l’effet carte postale.
Abbaye et lande de Lessay 
Abbaye et lande de Lessay 
 © Ville de Lessay et S. Stauth
Ces productions agricoles sont toutes soumises à des règlementations strictes, ou des quotas, ou l’hégémonie de coopératives tentaculaires, qui réduisent le producteur au rôle d’exécutant muet. Ce qui génère souvent des rebellions et explosion de violence. Presque tous nos ronds-points portent des traces de pneus brûlés par les laitiers en colère, il n’est pas rare de voir devant les grandes surfaces des tas de poireaux pourris déversés, ou dans les rayonnages des produits manquants par "solidarité" de la grande surface avec les producteurs. Ou des produits réétiquettés lors d’opérations comme "Viande de Nulle Part" pour protester contre l’absence de mention d’origine de la viande.
Stéphane Travert connait donc bien la colère agricole, les contradictions règlementaires, les obstructions entre administrations qui broient les agriculteurs récalcitrants.
Il a la réputation d’être libre d’esprit et non soumis au syndicat majoritaire, la FNSEA, dont on dit qu’elle "installe" les ministres de l’Agriculture par son influence et sa force de lobby.
La nomination de ce ministre est une nouvelle reçue avec satisfaction par les agriculteurs de tous bords, les intensifs qui se sentent écrasés par le système comme les petits alternatifs et surtout (ils sont la majorité) ceux qui essaient juste de survivre, et ne sont ni bio, ni intensifs, juste des travailleurs effrénés, la tête dans le guidon.
Opération Viande de Nulle Part (photos Stéphanie Maubé)
Opération Viande de Nulle Part (photos Stéphanie Maubé)
 © Stéphanie Maubé)
Les tensions de l’agriculture découlent d’un écartèlement entre deux dynamiques contradictoires. D’un côté il y a une quête de libéralisme, par laquelle les courageux et ambitieux revendiquent le droit de se développer, bosser jour et nuit s’il le faut, mais avoir le droit de s’agrandir. Il ne s’agit pas forcément de futures Fermes des mille vaches, il s’agit aussi de toutes petites exploitations comme la mienne… qui n’atteignent pas le point de rentabilité, et sont menacées de disparition (on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche, et lorsque les charges fixes dépassent les recette, on fait un chiffre d’affaire négatif). Pourtant, elles n’ont pas le droit d’agrandir leur production ni leurs terres. C’est comme un plombier qui aurait un quota de 5 clients, pas un de plus. Même s’il y a des fuites à réparer partout, qu’il possède les bons outils et du temps libre, il n’a pas le droit car son quota autorisé n’est que de 5 clients. Et tant pis si ce chiffre d’affaire ne suffit pas à le faire vivre, il n’a qu’à faire un autre job à côté, mais pas développer son activité de plomberie. En agriculture, des terres et des quotas sont parfois rendus disponibles, mais sont attribués par des "commissions" un peu mystérieuses composées d’agriculteurs et de syndicats, qui désignent ceux qu’ils estiment prioritaires. Et Elles ne désignent jamais le petit paysan fragile qui en a vraiment besoin, mais plutôt l’agriculteur qui sera à même de leur renvoyer la balle dans une autre commission. Rien de nouveau là-dedans, les amitiés de "services rendus" sont inhérentes aux commissions interprofessionnelles. Mais ces attributions inéquitables contribuen à creuser le fossé entre les tous petits indépendants qui n’arrivent même pas  à se payer, et les grosses exploitations qui deviennent de plus en plus grosses en absorbant les fermes voisines.
Le confort de travail de mes rêves versus ma réalité en palettes (publicité pour une bétaillère Ifor Williams).
Le confort de travail de mes rêves versus ma réalité en palettes (publicité pour une bétaillère Ifor Williams).
 © Claude Hubert
La deuxième dynamique agricole est à l’exact opposé. Pour éviter que les gros deviennent des géants qui rachètent toutes les terres et fassent leur loi sur le marché de l’alimentation, il existe différents critères de "régulation". Ce qui est plutôt positif. Les attributions de terre doivent passer par l’État pour vérifier que tout le foncier français ne finit pas dans les mains d’un fonds de pension étranger, les prix des matières premières comme les céréales ou le lait subissent des régulations et des lissages. Les primes et subventions servent à rattraper des déséquilibres. Ces régulations ont été mises en place avec la création de la PAC, la Politique Agricole Commune, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand l’Europe était à reconstruire… et à nourrir. La nourriture étant un besoin de base qui devait rester accessible à tout le monde, réguler les prix était justifié. Au fil du temps, l’Europe a fini par rassembler toutes les prises de décision concernant l’agriculture: ce sont les eurodéputés qui légifèrent, pas le gouvernement d’un pays.
Si les décisions sont européennes, leur champ d’application relève quand même du pays, via des Directions Départementales incompréhensibles et des tuyaux de poêle, ou du Conseil Régional, ou des Chambres d’agriculture, parfois du canton ou de la commune. Et il leur faut beaucoup de temps pour se mettre d’accord. Parfois ils n’y arrivent pas. Ou se bloquent mutuellement entre absurdités et contradictions, comme ce "bug de logiciel" qui dure depuis deux ans, et empêche le versement de certaines primes bio à des agriculteurs qui se surendettent et frôlent la faillite. Ou encore la Prime Race Menacée destinée à soutenir les éleveurs qui défendent des races locales à petits effectifs. Les races menacées normandes perçoivent cette prime dans toutes les Régions… Sauf en Normandie car la Région a décidé de ne pas l’activer. Mais elle figure depuis des années dans les brochures expliquant à quel point c’est une priorité à leurs yeux.
Des moutons au Ministère de l'Agriculture  et dans la vraie vie...
Des moutons au Ministère de l'Agriculture  et dans la vraie vie...
 © (photo officielle du Ministère de l'Agriculture et photo Delphine Détrie pour Lux For Films)
On peut alors se demander quel rôle joue réellement un Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation? Quel espace de décision lui reste-il? Quels leviers? Quel pouvoir d’influence?
Se contente-t-il d’être un médiateur dans les crises, en aidant à rétablir le dialogue entre grande distribution et producteurs, comme dans une thérapie de couple? Est-il un chéquier incarné et ambulant pour indemniser les agriculteurs soumis à un désastre exceptionnel, comme le vin et les poireaux à cause du gel, les abricots et les betteraves à cause des inondations, de la sécheresse, des pucerons, de la non pollinisation, du prix du gasoil et de la main d’œuvre polonaise? (L’étendue du potentiel de crises agricoles est infini, n’est-ce pas ?)
Je crois que si les agriculteurs dérapent si vite dans l’agressivité, c’est d’impuissance et d’incompréhension quand ils s’entendent répondre:
On n’y peut rien c’est l’Europe / la Région / la DDTM / le Ministère / etc…
Nous sommes donc relativement blasés du rôle du futur Ministre. On sait déjà à quel point il sera ténu et cantonné à de la représentation d’apaisement…
Néanmoins, ce gouvernement tenant pour l’instant ses promesses de changement, et Stéphane Travert étant un véritable élu de territoire, je rédige à son adresse une liste de souhaits  (que j’envoie également à sa permanence):
AVANT TOUT:
Assainir le fonctionnement des Chambres d’agriculture, qui sont tenues par une poignée d’hommes (toujours les mêmes à tous les postes stratégiques) qui décident de l’orientation de tout un département. Les discours sont politiquement irréprochables mais la gestion des dossiers est partiale, injuste et élitiste.
Refondre les SAFER, ces sociétés privées chargée d’attribuer les terres agricoles. Tous les agriculteurs souffrent de leur opacité, de leur iniquité et  del’influence de la FNSEA dans leur fonctionnement. Or les terres sont le plus gros enjeu de l’agriculture. Sans accès au foncier, un projet ne voit jamais le jour.
SURTOUT
N’abandonnez pas les enjeux agricoles aux seuls agriculteurs. Au-delà des critères économiques, redonnez s’il vous plait à la paysannerie sa dimension paysagère, de santé publique, d’attractivité touristique et culturelle grâce à sa gastronomie régionale et son patrimoine. Ne laissez pas ces dimensions essentielles disparaître sous l’approche industrielle comme on parlerait de production de voitures en série. Nos paysages, notre alimentation, notre art de vivre, la qualité de vie rurale… doivent relever d’une vision harmonieuse, et non de la gestion réductrice d’une poignée d’agriculteurs sous prétexte qu’ils ont du charisme syndical. Impliquons d’autres ministères et leur vision complémentaire dans cet enjeu public.
ENFIN
Promouvez la diversité des profils agricoles. L’agriculture sacrificielle se termine avec la génération qui part à la retraite cette décennie. Leurs enfants ne veulent pas reprendre la ferme, ou bien ils n’ont pas eu d’enfant faute de pouvoir avoir une vie familiale. L’installation de nouveaux profils est une opportunité porteuse pour pérenniser cette profession. Venir d’un milieu extérieur, c’est apporter des compétences inattendues pour réinventer ce métier, l’enrichir de nouvelles dimensions, lui trouver un autre rôle social que la simple production d’aliments. Et c’est aussi la chance d’avoir des agriculteurs épanouis qui font ce métier par choix, avec une distance et une capacité de remise en cause que n’ont pas ceux qui sont nés dedans.
Bergère 22 couv

Épisode : La laine fraîche

Par  @Culturebox
Mis à jour le 16/06/2017 à 15H06, publié le 16/06/2017 à 12H00
Bergère  couv
Parce que les éleveurs ne peuvent se faire indéfiniment manger la laine sur le dos, il était temps qu’ils se penchent sur cette matière première délaissée. Pelote et rebelote, c’est ici que ça commence!
En ce moment et à travers les contrées pastorales les plus reculées se dessine une dynamique "laine"! Certains projets sont ancrés depuis longtemps, comme la coopérativeArdelaine en Ardèche ou Les Toisons Bretonnes. Ou encore la Belgitude qui est carrément à la pointe des micro-filatures et de la création feutrière.
Ces initiatives ont parfois permis de valoriser des machines traditionnelles qui tombaient en ruines, ou même de relancer des races de moutons à petits effectifs, et naissent souvent du partenariat entre éleveurs, associations ou Parcs Naturels Régionaux… Sans ces initiatives, les toisons partent le plus souvent en Asie à très bas prix, afin d’être transformées en literie, car elles sont considérées comme un  sous-produit encombrant. Y compris par la plupart des éleveurs qui préfèreraient avoir des moutons sans laine et sans entretien. Du gâchis - à la lumière des préoccupations locales et équitables qui animent de plus en plus de consommateurs!
Bergère 21 1
Depuis quelques années, l’intérêt pour la laine locale explose de manière exponentielle! Enfin, c’est ce que les éleveurs espèrent… car l’engouement vient surtout d’eux, des associations et des collectivités. Pour être honnête, on n’est pas encore certain que les consommateurs suivent le rythme. Leur discours de On veut consommer local est irréprochable, mais concrètement, qu’on vende notre laine sur un marché ou dans une boutique, on ne peut pas dire que les stocks soient dévalisés. Le "passage à l’acte"d’achat est encore en cours de réflexion dans leur esprit, ce qui nécessite de la patience de la part de tous les éleveurs qui trépignent d’envie de relancer une filière française. D’autant que la transformation est un parcours du combattant logistique, puisqu’il ne reste qu’une seule laverie agréée en France, et une seule filature faisant du travail à façon, où l’on est sûr de récupérer notre laine à nous. Les délais sont donc longs et les frais de transport élevés.
Il y a visiblement bon espoir que cela s’améliore, puisque les projets de micro-filature fleurissent un peu partout, tout comme les formations pour apprendre à trier la laine, la filer, la tisser et la teindre avec des plantes. Il s’agira ensuite de définir un équilibre économique car toutes ces étapes artisanales ont un coût lié au temps de travail. Et génèrent un prix de vente bien supérieur à un accessoire en acrylique Made in Bangladesh.
Bergère 21 2
Le Mouton Avranchin, ma race fétiche, possède une des laines les plus fines. Quelques-uns de nos éleveurs réfléchissent depuis longtemps à la manière de la valoriser, ce que l’on va tenter de faire à travers une coopérative participative, qui regroupera également des créatrices textiles, couturières, tisserandes, tricoteuses… Nous sommes une quinzaine de nanas à nous regrouper autour de la dénomination (attention bande-annonce): Laines à l’Ouest! Cette coopérative vise à collecter les toisons des races locales et assurer la transformation jusqu’à l’accessoire final, commercialisé par nous sous notre marque collective.
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Cette semaine avait lieu l’incontournable rituel de la tonte! C’est habituellement une corvée éreintante car, bien qu’elle soit effectuée par un tondeur professionnel, ce moment est l’occasion d’une visite médicale complète. Il faut vérifier l’état corporel de chaque brebis pour s’assurer qu’elle a bien repris ses kilos post-grossesse (à l’inverse d’une humaine, après l’accouchement on fait tout pour que la brebis retrouve ses fesses dodues et ses poignées d’amour). Le fait qu’on la manipule comme une poupée de chiffon permet de vérifier si ses dents ne se déchaussent pas, si ses mamelles sont bien souples, de la vermifuger et de lui couper les ongles de pied. Elle ressort de l’exercice belle comme un sou neuf, mais les nerfs à cran, car avant ce rituel de beauté, on la fait jeûner pendant 12h pour qu’elle soit plus légère à tourner dans tous les sens. Elles attendent ensuite leur tour, serrées les unes contre les autres, afin d’augmenter la sudation et permettre à la tondeuse de bien glisser sur leur peau. Une équivalence sensorielle serait de prendre le métro parisien à l’heure de pointe au mois d’août, un jour de grève, en manteau de fourrure, et sans monnaie pour acheter au distributeur une boisson ou un Kinder Bueno
Bergère 21 4© Claude Hubert
Cette année, la corvée de tonte s’est transformée en chantier participatif réjouissant! Notre bande de filles triait les toisons au fur et à mesure. L’objectif était de séparer les noires (plus rares donc plus précieuses), et dans la masse des blanches, de séparer celles des Avranchines destinées à faire du fil de celles des Roussines, plus grossières, destinées à rembourrer des coussins. Nous avons ensuite élaboré un protocole simplifié pour rincer quelques toisons dans la rivière, dans des poches à huître accrochées dans le courant ! Outre le fait que c’est expérimental et totalement interdit (le lavage des toisons est soumis à règlementation, mais je prends le risque que l’on me mette en prison pour "rinçage de laine naturelle dans un cours d’eau"), notre partie de trempouille à l’ancienne nous a bien fait rire. Et a permis de cimenter notre projet autour des notions de faisabilité et de compétences complémentaires.
Bergère 21 5© Stephanie Maubé

mardi 13 juin 2017

Projet d'arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018 - Les consultations publiques du ministère de la Transition écologique et solidaire

Projet d'arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018 - Les consultations publiques du ministère de la Transition écologique et solidaire

Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018


La réglementation de protection stricte du loup prévoit que des dérogations à cette protection puissent être données afin de prévenir les dommages importants aux troupeaux domestiques.
Un arrêté cadre du 30 juin 2015 fixe les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus). Il prévoit de fixer chaque année, pour une période allant du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante, un seuil maximum de loups pouvant être détruits afin de garantir le maintien de la population de l’espèce dans un état de conservation favorable. Pour la campagne 2017/ 2018, la fixation par arrêté ministériel de ce nombre doit intervenir avant le 30 juin 2017 afin que les opérations d’intervention sur la population de loups mises en œuvre pour prévenir les dommages puissent continuer à compter du 1er juillet.
Ce nombre maximum de loups pouvant être détruit est défini chaque année en fonction des données du suivi hivernal de la population de loup fourni par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui indique les zones de présence permanente (ZPP), dont celles occupées par une meute, et une évaluation de l’effectif total de la population reposant sur une étude fiable et reconnue au niveau européen.
Le nombre maximum est proposé par les services du ministère en se basant sur une grille d’évaluation des probabilités de croissance, de stabilisation ou de baisse de la population en fonction du nombre prélevé. Le ministère s’assure ainsi chaque année que le nombre prélevé permettra de d’assurer un bon état de conservation de la population.
Pour la campagne 2016/2017, ce nombre avait été fixé à 36 pour une population totale estimée à 293 loups.
Le dernier bilan de l’ONCFS décrivant l’état de la population de loup à la sortie de l’hiver 2016/2017 fait état des données suivantes :
-  57 zones de présence permanente (dont 44 meutes), à comparer à 49 ZPP (dont 35 meutes) en fin d’hiver 2015/2016 ; 
-  un effectif total estimé après modélisation à une moyenne de 357 individus (indice entre 265 et 402) à comparer à 293 [215-372] pour 2015/2016.
Au regard des seuils fixés au cours des deux dernières années (36 spécimens pouvant être détruits) et en prenant compte de l’évolution population et des recommandations de l’expertise collective biologique (le nombre de loups prélevé ne doit pas dépasser 12 % de la population totale), il est prévu de fixer un nombre maximum compris entre 36 et 40 pour la campagne 2017/2018.
Pour éviter que ce seuil ne soit atteint de manière précoce, il sera également fixé entre 26 et 30 loups un seuil au-delà duquel les tirs de prélèvement sont interdits au profit des tirs de défense, réalisés à proximité des troupeaux. Une dérogation est possible pour les départements subissant un nombre important et récurrent de dommages et où peu de loups sont détruits.
Les valeurs précises de chacun des deux seuils précités seront fixées à l’issue des diverses consultations menées par le Ministre.
Il est prévu une dérogation à l’interdiction des tirs de prélèvements pour les territoires qui subissent un niveau de prédation important et récurrent et où très peu de loups ont été détruits depuis le début de la campagne.
La consultation est ouverte du lundi 12 juin au lundi au 3 juillet 2017.
En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

Projet loup 2018 

"Une bergère contre vents et marées", épisode 20

"Une bergère contre vents et marées", épisode 20: Du lard et du mouton...

Par  @Culturebox
Mis à jour le 09/06/2017 à 16H09, publié le 09/06/2017 à 12H00
Bergère 20 une
Panse de brebis farcie, rognon blanc, cervelle d’agneau… Attention cette chronique n’est pas vegan* compatible, car elle est consacrée aux délices de la ripaille moutonnière!
À une période de l’histoire de l’alimentation, le mouton était l’égal du cochon. En lui, tout était bon! Hélas, la gastronomie occidentale contemporaine le réduit désormais à deux gigots et 26 côtelettes, considérant tout le reste comme des "bas morceaux". Quel dommage, car c’est dans ces autres morceaux que se niche justement la créativité culinaire!
J’aimerai commencer par m’insurger contre ce racisme anti-vieux qui touche aussi bien les ovins que la vie politico-amoureuse. Si un mouton peut officiellement porter le nom"d’agneau" jusqu’à l’âge d’un an, il n’est pas rare de voir s’évanouir le consommateur (français)  quand on lui parle d’un animal âgé de deux ans. Comme si, tel un yaourt tamponné d’une DLC, la viande devenait impropre à la consommation le jour de l’anniversaire de l’animal! J’ai assisté aux déclassements par l’abattoir d’agneaux qui avaient une semaine de trop, et payés un tiers du prix à l’éleveur mortifié.
L’exigence d’une viande très jeune est un snobisme récent, et très européen. Et surtout déplacé. Car ce qui influe réellement sur la saveur de la chair n’est pas son âge mais son mode d’élevage. Si un animal croissant en harmonie avec son herbage garde une chair délicieuse en grandissant, il est vrai qu’un agneau privé d’herbe fraîche et complémenté en céréales, maïs et soja, acquiert vite un goût sans intérêt qui peut tourner au franchement pas bon. C’est hélas le mode d’élevage de la majorité des agneaux français, même si, parfois, ils bénéficient d’un label. Il y a des cahiers de charges tellement étranges qu’on se demande si on peut vraiment parler de gages de qualité?
Différentes découpes de mouton.
Différentes découpes de mouton.
Dans la plupart des cultures traditionnelles, il ne viendrait à l’esprit de personne de manger un bébé animal. On attend qu’il se reproduise et permette d’agrandir le cheptel avant de le tuer. On consomme des animaux adultes, naturellement issus de pratiques extensives. Puisqu’ils n’ont pas été surnourris artificiellement mais ont optimisé la moindre touffe d’herbe disponible, leur goût n’est jamais "trop fort". On peut donc en déduire que cette obsession de l’âge du bétail est un alibi trouvé par l’agriculture intensive pour justifier le mauvais goût que donne une alimentation médiocre plutôt que l’herbe naturelle.
Le mouton est un ruminant, c’est-à-dire un herbivore. Non un granivore comme les poules, encore moins un "maïsvore"! S’il parviendra toujours à en ingérer de grandes quantités par manque de choix, c’est comme un enfant nourri exclusivement de "fast food": il sera dodu à souhait, recouvert d’une bonne couche de couenne qui attendrit la chair à la cuisson, mais pas en bonne santé, avec un foie cirrhosé et une sueur odorante pleine de l’excès de toxines.
Je suis tentée de faire un parallèle avec un ruminant sauvage, le chevreuil, qui pullule autour de chez moi. Après avoir tiré, un chasseur ne demande pas ses papiers d’identité à l’animal pour vérifier son âge, ni ne boude sa dégustation sous prétexte qu’il s’agissait d’un vieux mâle "au goût fort".
Enfin, il faut savoir que réclamer de l’agneau nouveau-né à chaque saison va à l’encontre du métabolisme du mouton. Les élevages qui vendent toute l’année de très jeunes agneaux modifient artificiellement les chaleurs des brebis avec des hormones afin de les inséminer aux dates qu’ils souhaitent. C’est une opération précise et très technique, qui engendre un coût supplémentaire important. Dans le prix que le consommateur paye son morceau de viande, un gros pourcentage va donc servir à payer les frais vétérinaires, les hormones de synthèse, l’inséminateur, le laboratoire qui a sélectionné la semence de bélier, etc. Je termine par un coup de projecteur sur l’agneau de lait: il provient souvent d’élevages laitiers. L’agneau est séparé de sa mère quelques jours après sa naissance car la matière précieuse qu’est le lait est destinée à la traite. Le nouveau-né sera abreuvé non pas du lait maternel mais de lait en poudre distribué dans un multi biberon. Ce lait reconstitué contient de l’huile de palme, de soja, du gluten de blé et d’autres additifs peu coûteux visant à le rapprocher du lait de sa mère… sauf qu’il ne provient pas d’une paire de mamelles mais d’une usine de déshydratation. Le petit agneau tendre et rosé de Pâques n’a jamais couru dans l’herbe, il a juste vécu entre quatre barrières en galva avec un lot de confrères calibrés à l’identique.
Je stoppe ici mon insurrection car le sujet peut vite sombrer dans les farines animales, la vache folle, les lasagnes au cheval ou la maladie de la langue bleue…
Il me semble plus appétissant d’évoquer des recettes qui permettent non seulement de découvrir la viande de mouton sous un nouveau jour, mais également de valoriser des morceaux moins recherchés. Des pièces moins nobles donc moins onéreuses, ce qui permet d’accéder avec un petit budget à des qualités de viande supérieures chez votre boucher – qui travaille en principe au sourcing de sa viande et connaît l’élevage d’origine.
Agneau en croûte d’argile, cuisson en croûte de sel, au foin et au bitume.
Agneau en croûte d’argile, cuisson en croûte de sel, au foin et au bitume.
 © photo: Laurent Azoulay, dessin Carré de Blog
Les merguez servent souvent de fourre-tout pour valoriser les morceaux non présentables ou invendables. Mouton, bœuf ou veau: on trouve le pire comme le meilleur. Si les barquettes de merguez premier prix dans la grande distribution s’apparentent aux "déchets"type gras, tendons, cartilage et autres résidus de découpe, les merguez préparées par un boucher servent à écouler les pièces invendues ou les bas morceaux comme les poitrines. Leur composition évolue donc en fonction de l’état des ventes. Les merguez, c’est aussi le moyen qu’ont les éleveurs de valoriser les animaux réformés quand ils pratiquent la vente directe. Tous les morceaux se retrouvent ainsi dans la merguez, y compris les plus nobles, d’où leur qualité gustative.

Dans un mouton, la panse prend une telle place qu’il serait impensable de ne pas la célébrer! La panse, c’est son rumen (là où se stocke son bol alimentaire avant qu’il le régurgite quand il veut le ruminer tranquillement), un des fameux "quatre estomacs" dont on apprend l’existence quand on est enfant. Cet organe prend presque toute la place de l’abdomen d’un mouton et est constitué d'une grosse poche d’herbe prémâchée. Quand on l’ouvre, l’odeur évoque la tonte de gazon en train de fermenter sur le tas de compost. Mon ami Bernard, le papa de la brebis Bernadette, m’a fait découvrir une divine recette de tripes, avec la panse de ses agneaux qu’il lave lui-même dans la rivière. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des Bernadettes dans son jardin - ni même sa propre rivière - mais les tripes d’agneaux sont si raffinées et si fondantes qu’elles valent le coup de se réconcilier avec ce plat à la réputation rustique.
Quant à la panse des moutons adultes, les Écossais la mettent en valeur dans leur haggis, en la remplissant d’une farce faite des poumons et des abats, accompagné d’un whisky. Les Britanniques raffolent par ailleurs du suif de mouton, la graisse des rognons fondue, notamment utilisée dans le Christmas Pudding.
A quelques encâblures de là, l’Irish Stew constitue le plat national irlandais. Il s’agit bêtement d’une potée de morceaux de moutons avec carottes, oignons et pommes de terre, cuisinés à la bière… des ingrédients basiques faciles à trouver. En termes de pot-au-feu et de fond de "frigo", j’ai exploré tous les temps de cuisson et aromates dans mes propres ragoûts de mouton. Certaines de mes brebis âgées sont trop attachantes - et appétissantes - pour que je laisse des étrangers les dévorer. Je leur rends donc hommage en les dégustant moi-même. Hacher les morceaux donne une excellente base pour des burgers, des boulettes façon fallafel, de la terrine, et même du saucisson. L’expérience du fumage a été tentée, comme du jambon, tels que les Norvégiens le pratiquent en accrochant des plantes sauvages à la viande dans le fumoir pendant plusieurs semaines, le fenalår, mais les résultats n’ont pas été concluants. Mes moutons manquent peut-être de gras, ou leur chair, naturellement imprégnée de sel, a réagi de manière inattendue au procédé de fumage.
Recettes issues de divers blogs culinaires
Recettes issues de divers blogs culinaires
J’ai un jour récupéré du sang frais avant qu’il ne caille, pour expérimenter le boudin noir. N’ayant pas d’instrument pour le mettre dans un boyau, je l’ai cuisiné en fricassée à la poêle avec des oignons, une amusante découverte (peut-être pas tous les jours?!). Pour ce qui est des abats, la cervelle a ma préférence. Elle a un temps été interdite à cause d’une maladie règlementée liée à la moelle épinière. Quelle joie de la revoir autorisée! Elle se suffit à elle-même, dorée au beurre et à la fleur de sel.
Je suis moins enthousiasmée par les foie, cœur, rognon… que je trouve trop riches et saturés de protéines de l'animal. Je n’ai pas non plus dégusté avec plaisir les "rognons blancs" des mâles non castrés, dont la symbolique m’a peut-être anesthésié les papilles. Mais les jarrets, bien que peu viandés, sont conviviaux à rogner après qu’on les a posés sur des braises.
Recettes issues de divers blogs culinaires
Recettes issues de divers blogs culinaires
Le couscous constitue le plat mouton-friendly par excellence, et tout y passe: langue, joues, pattes, collier, queue… Il vaut mieux ne pas le savoir avant de passer à table, mais quel divin bouillon! Nota Bene: se souvenir de ne pas déranger la maîtresse de maison dans sa cuisine quand elle retire du faitout la tête qui y mijotait depuis douze heures.
Les pays orientaux se sont approprié le mouton comme viande courante. Il se retrouve de manière aussi populaire en tajine berbère qu’en tikka Massala ou tandoori, en lamelles sautées dans la gastronomie chinoise, grillé au japon, en Horhog en Mongolie, chachlik en Russie, goulash dans les Balkans ou kjötsupa en Islande. Rien que ce joyeux vocabulaire et ces arts-de-la-table culturels donnent l’eau à la bouche!
Pour toutes ces alléchantes raisons, ne semble-t-il pas dommage (limite mesquin) de se contenter d’une tranche de gigot nature ou de deux côtelettes  poêlées?

Bergères en leurs alpages - par Hélène Armand, Christian...

Bergères en leurs alpages - par Hélène Armand, Christian...

Rencontres dans les Alpes avec des femmes passionnées qui ont choisi d’exercer le métier de bergère

Elles s’appellent Audrey, Christelle, Colline, Geneviève… Elles vivent auprès des moutons, des vaches, des chèvres… Elles sont bergères d’alpage. Et de plus en plus nombreuses à exercer ce métier, dont les réalités sont bien loin des images d’Épinal.
Marcher dans la solitude des alpages, subir le brouillard, la grêle ou l’orage, veiller sur le troupeau, le rassembler, le soigner, traire matin et soir… Et de nouveau, aujourd’hui, vivre avec la crainte du loup. Ces femmes ont fait le choix d’une vie d’exigence et de solitude, d’humilité et de courage, d’un métier qui respire au rythme de la nature. Elles y apportent leur ingéniosité et leur délicatesse toute féminine, et contribuent à inscrire l’alpagisme dans une nouvelle modernité.
La journaliste-écrivain Hélène Armand et le photographe Christian Pedrotti sont allés à la rencontre d’une quinzaine de ces femmes d’exception pour nous restituer au plus près leur quotidien dans les estives des Alpes. Bergères en leurs alpages, un témoignage en mots et en images sur la nature d’un métier exercé au féminin.

lundi 12 juin 2017

HISTOIRE D'UN HOMME SAISI DE LA COLERE DU JUSTE

Justice pour Jérôme        Page Facebook

JEROME est né le 13 novembre 1980. Il était le dernier garçon d'une fratrie de 5 enfants. Sa famille paternelle est venue s'installer dans le village de Trivy, en 1864, après avoir racheté la maison et les terrains appartenant à la famille de TALNEUF.
Ce qui est devenu la maison de famille est une très veille maison, construite sous l'Ancien Régime, progressivement modifiée par les générations successives, depuis l’arrivée de l’arrière-arrière-grand-père de JEROME, Jean LARONZE.
C’est dans cette maison que Jérôme a passé son enfance et grandi.
Très tôt, Jérôme a préféré les enseignements de la nature qui l’entourait à ceux de ses professeurs, trop académiques.
Cette proximité avec la terre a nourri sa quête de sens dans ses choix ultérieurs.
Après des études agricoles au lycée de Fontaines, et l'obtention du Bac Technique Agricole en 1999, JEROME a occupé un emploi salarié jusqu'en 2003, année au cours de laquelle il a décidé de reprendre l'exploitation familiale et de s'installer à Trivy, formant ainsi la cinquième génération sur cette ferme.
Autodidacte, cultivé et engagé, JEROME alliait une grande habileté manuelle et une curiosité intellectuelle forgeant un esprit critique qui s'est toujours voulu libre.
C'était un homme d'une grande générosité, serviable et altruiste, qui s'est rapidement engagé en tant que sapeur-pompier volontaire au sein de son village.
Il était toujours présent pour donner un coup de main, réparer un matériel endommagé, préparer une bonne blanquette à partager dans la bonne humeur !
Jérôme était également un paysan en quête de sens sur le devenir de notre agriculture et ses dévoiements.
Les scandales sanitaires à répétition touchant la filière industrielle agricole (vache folle, contamination à la dioxine, affaire Spanghero….) vont forger son engagement militant pour une agriculture de proximité et raisonnée et sa méfiance à l’égard d’une hyper réglementation sanitaire perçue comme complexe et injuste envers les plus faibles et impuissante face aux dérives des puissants groupes industriels.
Souhaitant faire partager sa vision du monde paysan et son dynamisme, il s'est rapproché d'un syndicat agricole, la Confédération Paysanne, afin d'y trouver un appui pour défendre une agriculture de proximité, privilégiant les circuits-courts et une vision humaniste du monde paysan.
Rapidement, son engagement et ses rencontres l'ont conduit à dénoncer les lobbies industriels, le sentiment d’une trop forte proximité des instances politiques au syndicat agricole dominant, la F.N.S.E.A (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) et d’un contrôle des institutions et organismes technico-agricoles par ce dernier et l'absence de réels débats d'idées innovantes et de soutien à la petite paysannerie.
Il était un homme de conviction et courageux, cherchant à comprendre le sens des réglementations de plus en plus contraignantes imposées aux paysans, à l'échelle de l'Union Européenne mais également au niveau de la réglementation française, trop souvent plus complexe et exigeante que celle de l'Europe et mises en œuvre sans discernement.
Normes sanitaires en constante évolution, traçabilité exigeante sinon excessive du bétail quelle que soit la taille et le mode de commercialisation de l’exploitation, contraintes vétérinaires à répétition avec campagnes de prophylaxies, normes exigeantes liées à la PAC, constituent une réglementation foisonnante et illisible contre laquelle JEROME a très tôt dénoncé les excès et le caractère écrasant pour les petites exploitations, en manque de ressources pour y faire face.
Sa révolte était d'autant plus forte qu'il lui apparaissait que ces réglementations à foison pénalisent les plus faibles sans véritablement empêcher les scandales sanitaires et apporter au consommateur final les garanties espérées.
Ses convictions personnelles l'ont conduit à convertir son exploitation pour obtenir le label bio à compter des années 2010 et à s'insurger plus fortement contre une réglementation jugée sans réelle efficacité dans son objectif de protection des consommateurs.
Cette lucidité et liberté de ton lui ont certainement valu une surveillance accrue des administrations de tutelle, avec des contrôles, injonctions, mises en demeure et autres pressions en tous genres que personne n’aurait pu supporter.
Des contrôles humiliants et violents à répétition :
JEROME a subi plusieurs contrôles de la D.D.P.P. (Direction Départementale de Protection de la Population) en 2010 notamment sur les notifications de mouvements d'animaux, bouclage, identification, ...... Puis plus rien jusqu'en 2014 où les contrôles ont repris, alors même que son engagement et sa liberté de ton pouvaient déranger.
A la suite d’un contrôle effectué en 2015, la D.D.P.P. lui notifiera une restriction de mouvement de la totalité de son cheptel, interdisant sa vente, pour perte de traçabilité d’un lot de bovins et engagera une action pénale pour opposition à contrôle et maltraitance animale, en raison principalement d’un défaut de contention de ses bêtes lors du contrôle et d’un manque de suivi sanitaire de son cheptel.
Cette plainte aboutira à une condamnation pénale dont le contenu reste à ce jour ignoré de sa famille puisque le procès se déroulera sans la présence de JEROME ni même d’un conseil pour l’assister, sans que cette situation n’alerte les protagonistes de ce procès et permette des actions alternatives.
Il était certainement encore temps d’agir pour l’aider dans sa détresse.
Le 6 juin 2016, un contrôle quasi inopiné de la D.D.P.P. avec la présence de nombreux gendarmes tourne au drame. Le troupeau effarouché par le déploiement de tous ces agents dans la pâture saute dans une rivière, plusieurs bêtes ne survivront pas. JEROME sera marqué définitivement par la violence et l’humiliation de ces contrôles, effectués avec des gendarmes armes au poing, jusqu’au fond de ses champs, dans son village natal. Le contrôle est alors interrompu en raison de la tournure des évènements et de la mort de plusieurs bovins. La Confédération Paysanne 71, enfin informée par la D.D.P.P., prend contact avec sa famille pour alerter sur la situation.
Un nouveau contrôle est réalisé le 22 juin 2016, en présence d’une des sœurs de Jérôme et quelques membres de la Confédération Paysanne 71, ceux-ci ayant été avertis en amont. La D.D.P.P. est encore accompagnée par de nombreux gendarmes. Après de longues discussions et négociations avec les agents de la D.D.P.P., il est convenu que les gendarmes restent en retrait et n’interviennent pas dans les champs. La tension palpable baisse enfin lorsque les gendarmes finissent par partir. Le contrôle se termine sans difficulté et très calmement.
Malgré la brutalité des précédents contrôles et la parfaite connaissance par l'administration de la situation de détresse de JEROME, celui-ci est confronté à un nouveau contrôle de la D.D.P.P., le 11 mai 2017, toujours en présence de nombreux gendarmes et réagit, pour se protéger, en prenant la fuite, en l’absence de sa famille ou de ses proches. Dans ses derniers témoignages à la presse, JEROME précise qu’il n’a pas foncé sur les gendarmes mais tenté de les effaroucher avec son tracteur pour se protéger et prendre la fuite.
Une issue incompréhensible et encore plus violente :
Après neuf jours de traque par les gendarmes de la brigade de Cluny, JEROME est localisé, le 20 mai dernier, dans un petit chemin à Sailly, près de Cluny. Deux équipages de gendarmes sont alors envoyés sur les lieux pour l'interpeller. A l'arrivée du premier équipage, Jérôme était assoupi dans sa voiture, porte ouverte. Les deux gendarmes, sans attendre le renfort prévu, s'approchent de son véhicule, à moins de dix mètres puis seraient descendus pour l'interpeller. Leur initiative réveille JEROME qui aurait alors tenté de fuir alors que les deux gendarmes étaient à pied sur le côté. Six balles ont ensuite été tirées dont trois mortelles. L'une tirée latéralement qui a atteint l'artère fémorale, et deux tirées à travers la vitre arrière de son véhicule, le touchant par deux fois à l'omoplate et atteignant les organes vitaux.
Une prétendue arme, datant de la seconde guerre mondiale, aurait été retrouvée dans sa voiture, sous l’un des sièges, sans cependant qu’il n’en ait jamais fait un quelconque usage, la découverte de cette arme étant intervenue lors de la fouille du véhicule, après son décès.
Après une enquête de flagrance de plus de deux semaines, conduite sous l'autorité du procureur de la république de MACON, une information judicaire de nature criminelle pour violences avec armes ayant entrainé la mort sans intention de la donner devrait être ouverte dans les prochains jours et confiée au pôle de l'instruction de Chalon-sur-Saône.
L'indignation et l'incompréhension restent fortes au sein de sa famille, de ses proches et du monde paysan face à ce drame terrible, aux conditions des contrôles subis par Jérôme, à l'absence de soutien des organismes professionnels et au recours démesuré et injustifié aux forces de l'ordre alors qu'il ne s'était jamais montré violent lors des précédents contrôles.
CE QUI EST ARRIVE NE DOIT PLUS ETRE POSSIBLE et personne ne peut accepter qu'un homme soit harcelé, traqué puis abattu pour ce qui était à l'origine des irrégularités administratives.
JEROME reste pour tous un frère et un ami.
Continuez à nous soutenir dans notre action pour la recherche de la vérité et pour que sa mort tragique puisse réveiller les consciences et faire bouger les lignes, votre soutien nous est précieux !
PS : Vous êtes déjà PLUS DE 100 000 à avoir lu ce texte MAIS SEULEMENT 2 600 à nous suivre ou aimer cette page.Notre action n'a pas pour seul but de diffuser de l'information sur la vie et le décès de Jérôme mais de rassembler une communauté citoyenne indignée par ce drame et mobilisée. Si vous souhaitez qu'elle puisse se poursuivre, merci de nous témoigner votre soutien en aimant et partageant cette page.

samedi 10 juin 2017

Sailly | Mort de Jérôme Laronze : les vétérinaires de Zone verte réagissent

Sailly | Mort de Jérôme Laronze : les vétérinaires de Zone verte réagissent

Le GIE Zone verte, groupement de vétérinaires formateurs basé à Arbois (Jura), réagit à la disparition de Jérôme Laronze, l'agriculteur victime des balles de gendarmes, lors d'une traque dont l'origine remonte à un contrôle sanitaire très mal vécu par l'éleveur.
Pour Zone verte, "Jérôme Laronze est mort victime de l'acharnement imbécile et méprisant d'un système administratif de "gestion sanitaires répressive" complètement déshumanisé et du zèle de ses agents".
Zone verte secoue le cocotier "Jérôme Laronze est mort, traqué pour quel crime ? Au départ un défaut d'immatriculation de ses ovins : crime inexpiable pour ceux qui ont mission de faire croire à la prétendue traçabilité de l'identification des animaux. Tous les professionnels savent à quelle porte la traçabilité s'évapore pour le bien du commerce et du profit";
L'intégralité du communiqué du GIE Zone verte est à lire en téléchargeant le document ci-dessous.
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jeudi 8 juin 2017

Manuel destiné aux prétendants à la néo-ruralité

Manuel destiné aux prétendants à la néo-ruralité.

 A lire avant de se lancer dans l'aventure. 

- A la campagne, il y a des animaux d'élevage, et aussi des animaux sauvages. Ça va vous surprendre, mais tous chient, et il y en a même qui pètent et qui rotent. Et un rot de vache, c'est très parfumé, mais pas au lilas. Du coup, ça peut parfois sentir la bouse, et il arrive qu'on mette le pied dans une crotte de renard. Car les renards ne ramassent pas leurs crottes. Pire que tout, les animaux d'élevage produisent un excellent engrais naturel. Ça s'appelle du fumier. Et pour qu'il fonctionne, il faut l'épandre sur les champs. Et aussi incroyable que ça puisse paraître, le fumier ne sent pas la rose. Petite astuce : demandez aux éleveurs qui vous entourent de vous prévenir quand ils font les épandages : ainsi vous ne laisserez pas votre linge sécher en plein air, et ça réduira fortement les petits désagréments quotidiens.
- Du côté des animaux sauvages, ça n'est pas moins plein d'inconvénients. Ils traversent la route n'importe où et n'importe comment, surtout la nuit, alors même qu'il n'y a pas d'éclairage public. Du coup, il arrive qu'on s'emplafonne un chevreuil ou un sanglier. Dans le second cas, votre voiture est bonne pour la casse. Sachez aussi que les chevreuils vont vous bouffer l'écorce et les bourgeons de vos arbres fruitiers. Et les sangliers peuvent ravager votre belle pelouse fraîchement tondue ou votre potager en une nuit. Ils sont très forts en labour, les sangliers. Surtout que ces dernières années, ils pullulent. C'est pour ça qu'à la campagne, il y a des chasseurs. Vous avez bien sûr le droit d'être opposé à la chasse, mais dans ce cas, il ne faudra pas vous plaindre de l'état de votre pelouse. Et que ça vous plaise ou non, les chasseurs étaient là avant vous. Vous pouvez leur hurler dessus si ça vous chante, mais ça ne les fera pas disparaître. Et en plus ça va les mettre de mauvaise humeur. En tout cas, moi, quand on me crie dessus, ça ne me rend pas très diplomate. Vous pouvez aussi aller trinquer avec eux à la fête du village - ils pourront vous apprendre plein de choses sur les espèces qu'on croise dans votre région et aussi vous prévenir des dates et lieux de battues - , vous renseigner sur les jours et les heures sans chasse pour organiser vos balades et leur dire bonjour quand vous les croisez. Il y a des cons partout, c'est inévitable, mais il y a aussi des gens pleins de bonne volonté avec qui on peut s'organiser pour ne pas se gêner les uns les autres, avec juste ce qu'il faut de politesse.
- Parmi les animaux de nos campagnes, il y a des coqs. Et les coqs, ça gueule. Et pas seulement au lever du soleil. Le mien gueule bien une douzaine de fois par jour. Et ça s'entend de très loin, le chant du coq ! Et la liste des producteurs de bruit ne s'arrête pas là ! Le cri du geai est épouvantable, autant que celui de la pie. Le merle a un joli chant, mais il commence sa sérénade avant même le lever du soleil. Et il y a celui qui fait pouit. Je ne connais pas son nom, mais de 5h à 23h, il fait pouit. Pouit. Pouit. Pouit. Pouit. Ça n'a l'air de rien, mais je vous assure que ça donne des envies de strangulation. L'hirondelle n'est pas très bruyante, mais vous pouvez être certain qu'elle fera son nid là où elle pourra chier sur votre voiture, votre congélateur, ou tout autre objet que vous souhaitez garder propre. C'est comme ça, la campagne : il y a de la merde partout. Et il est rigoureusement interdit de détruire les nids d'hirondelles. Ah oui, au fait ! En plus de chier n'importe où et de voler vos poules, le renard aussi est super-bruyant ! Et en plus c'est un animal qui vit la nuit et qui a un drôle d'aboiement parfait pour illustrer des films d'horreur ! Et parmi les nocturnes, il y a aussi les chouettes. Une chasse de chouettes dans le quartier et vous êtes bons pour une nuit sans sommeil ! Et ça n'est pas tout ! On peut le regretter, mais chaque village a une église et chaque église des cloches. Perso, je trouve ça pratique. Le village est à trois kilomètres, mais quand je suis dehors, je l'entends sonner, et je sais si c'est l'heure d'aller manger ou d'aller prendre l'apéro. Elles me disent aussi si quelqu'un est mort ou si d'autres se marient. Non, je n'ai pas fini avec la liste des bruyants. Il y a aussi les tracteurs. Et à certaines époques de l'année, ils tournent même la nuit : à la fenaison, à la moisson, à la récolte du maïs et parfois même à l'époque des labours ! L'agriculture dépend de la météo. Parfois, il faut aller vite, si bien qu'il arrive que les agriculteurs travaillent 24 heures de suite. Astuce : parfois, on peut leur donner un coup de main, ça réduit leur temps de travail donc la durée du bruit. Enfin, évidemment, les chasses aussi peuvent faire du bruit. Si vous n'avez pas de bol, vous êtes tombés dans une région où le jour d'ouverture de la chasse ressemble au D-Day. Si vous avez bien choisi votre région, vous entendrez quelques coups de feu et un coup de corne dans la journée, rien de bien dramatique.
Voilà pour les bruits et les odeurs.
Dans le prochain chapitre du manuel, je vous expliquerai pourquoi appeler les autochtones "mon brave" (ne riez pas, je l'ai déjà entendu) ne va pas aider à votre intégration.


Article écrit par Tagrawla Ineqqiqi

http://www.lamontagne.fr/lacapelle-viescamp/environnement/justice/2017/06/07/a-lacapelle-viescamp-cantal-une-histoire-de-voisinage-met-en-peril-la-ferme_12432269.html

mercredi 7 juin 2017

Le stage reprise d'exploitation agricole ( SREA )

Le stage reprise - Chambre d'Agriculture

Le stage reprise d'exploitation agricole (SREA)

Ce stage reprise d'exploitation agricole donne la possibilité pour un porteur de projet souhaitant s'installer hors du cadre familial de mûrir son projet sur l'exploitation. Il constitue une sorte de période d'essai avant l'installation.
C'est aussi un outil précieux pour les agriculteurs qui souhaitent transmettre leur exploitation individuelle ou rechercher un associé.

Il permet de faciliter la mise en relation entre d'une part un agriculteur cédant ou en recherche d'associé, et d'autre part un candidat hors cadre familial.
Il peut être intégré au Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP).

 

Effectuer un stage reprise, c'est...

  • Mieux connaître l'exploitation où je souhaite m'installer
  • Approfondir mes compétences
  • Préparer mon projet d'installation (conditions de reprise, etc.)
  • En cas d'association, tester l'entente et l'organisation avec mes futurs associés
Il s'agit de stages à temps plein, d'une durée de 3 mois à 1 an maximum.

Pour bénéficier de ce stage rémunéré, je dois répondre à certaines conditions :

  • Avoir l'intention de m'installer dans le cadre d'une reprise individuelle ou d'une insertion dans une exploitation sociétaire en Rhône-Alpes
  • Etre agé(e) de 18 à 45 ans 
  • Ne pas avoir de lien de parenté inférieur au 3ème degré avec l'exploitant d'accueil


Vous bénéficierez du statut de "stagiaire de la formation professionnelle" et d'une indemnité financée par la Région Rhône-Alpes. Une convention permet de formaliser le stage.

Un stage avec un conseiller à mes côtés

Un conseiller assure le suivi du stage et permet d'accompagner la mise en relation. Il permet aux deux parties d'échanger sur le déroulement du stage, d'évoquer éventuellement les difficultés rencontrées et d'aborder les éléments concrets de l'installation. Le conseiller a un rôle de médiateur et d'interlocuteur et assure également le montage et le suivi administratif du dossier.

Le stage reprise d'exploitation agricole est un dispositif spécifique à la Région Rhône-Alpes. Il est soutenu financièrement par la Région et le Fonds Social Européen. En Rhône-Alpes, environ 120 stages reprise sont effectués chaque année !