Au Nid de Brebis

Au nid de brebis


lundi 17 avril 2017

Pétition à signer !!!

ITALIE
Appel des bergères au ministre
Nous sommes des femmes, des paysannes, des montagnardes
Nous sommes porteuses d'une culture et d'une civilisation qui au cours des siècles ont transformé le monde en terre pour l'homme.
NOUS ETIONS LIBRES
Nous étions libres. Une liberté qui se payait avec les sacrifices de tous les jours: le froid, la pluie, la neige et le gel, la fatigue sans horaire, ni fête de Pâques ni de Noël ... Mais il y avait le soleil, le vent sur la peau, le bêlement des agneaux, le printemps qui fait croître la vie nouvelle.
Mais maintenant, cette civilisation globalisée a pris notre liberté et nous fait mourir. Chaque mouton a une étiquette à l'oreille avec un numéro, nous sommes tous pris au piège dans un carcan bureaucratique qui nous étouffe: numéro d'étable, part de TVA, numéro de sécurité sociale, numéro de REA, codes ATECO, OTE, CAA, ARAP, ARPEA, AGEA, PEC, modèle 4, modèle 7 ...
Assises à l'ombre d'un arbre de hêtre dans le pâturage nous ne pouvons pas suivre toute cette bureaucratie, et nous devons constamment courir dans les bureaux des associations ... Pendant ce temps, qui garde les bêtes?
Tu signes des questionnaires que tu ne comprends pas, et tu paies, tu paies, tu paies ... Toujours avec la peur de faire des erreurs ou d'oublier un papier, car il est plus grave de se tromper sur un morceau de papier que de négliger les enfants, les cabris ou les agneaux ....
Prendre soin de la famille, de la maison, des brebis, des agneaux et des enfants qui grandissent, tu te sacrifies pour eux, et après ? Les années où les agneaux ne se vendent pas facilement tu dois demander la charité à un commerçant pour qu'il te les prenne, et c'est humiliant...
Une brebis en fin de carrière vaut 20 €. En comptant les heures de travail, nous ne gagnons pas 50 centimes de l'heure certaines saisons ; et il n'y a pas pour nous de caisse de solidarité, de chômage ni de revenu de base.
L'AGONIE DES PETITES ENTREPRISES
C'est un métier de pauvres qui doivent se soumettre à une bureaucratie de riches. Même pour nos associations, nous comptons pour rien et ainsi nos petites entreprises ne peuvent pas progresser.
Sur le papier, cependant, nous sommes égaux! Nous sommes égaux aux grandes exploitations de la plaine qui sont montés dans les alpages avec des milliers de têtes, mais ils ne le sont que sur le papier, avec tous les documents bureaucratiques en règle pour prendre les aides qui devraient plutôt être destinés à la montagne et à ceux qui y vivent et y travaillent!
Et là-dessus s'est ajouté dernièrement le loup : bannière « écologiste » d'une société en décomposition, cette menace a transformé notre vie quotidienne en guerre de tranchées permanente: tu dois toujours être sur tes gardes, tu ne sais jamais quand il arrivera et combien d'animaux il tuera malgré les systèmes de défense mis en place (chiens, réseaux, bornes ...) .. Pour ensuite t'entendre dire: « Mais les bêtes qui sont mortes on vous les paie ! »
* Bientôt sera publiée la première liste de noms où apparaîtra également la vôtre. Cette pétition est un préalable au lancement d'une pétition sur une plate-forme.
Appello delle pastore Siamo donne, siamo pastore, contadine, montanare Siamo portatrici di una cultura e di una civiltà che lungo ...
PROGETTO-PROPAST.BLOGSPOT.COM

mardi 11 avril 2017

La Chèvre Provençale

La Chèvre Provençale – Site de l'association de développement et de sauvegarde de la Chèvre Commune Provençale

Bienvenue sur le site de l’association de développement et de sauvegarde de la Chèvre Commune Provençale !
Vous trouverez ici des informations concernant cette race de chèvre, son élevage, et sa sauvegarde.

Pour la sauvegarde de la race, une association d’éleveurs passionnés

La Chèvre Commune Provençale est reconnue «race à petit effectif». En 2005, on dénombrait entre 500 et 600 femelles pures réparties chez une dizaine d’éleveurs spécialisés.
L’avenir de la race est incertain et fragile.
C’est pourquoi depuis 1993 une association de sauvegarde a été créée par une poignée de passionnés. Son objectif est de développer cette race dans son berceau d’origine, afin de favoriser le maintien de petites exploitations. Devenue symbole du fromage de Banon qui a obtenu une AOC en 2003, on peut espérer qu’un nouvel essor va permettre à cette chèvre de se développer et de reprendre la place qu’elle devrait avoir dans notre Provence.
En 2015, il y a 1600 femelles et 80 boucs purs répartis chez une trentaine d’éleveurs spécialisés.
Vous pouvez contacter l’association pour avoir les coordonnées des éleveurs.

vendredi 7 avril 2017

la boulette néo-zélandaise épisode 10

"Une bergère contre vents et marées", épisode 10: la boulette néo-zélandaise

la boulette néo-zélandaise

Par  @Culturebox
Mis à jour le 31/03/2017 à 15H34, publié le 31/03/2017 à 12H00
épisode 10 illustration© Claude Hubert
C’est bientôt Pâques et je viens d’affirmer à la radio qu’à cette occasion, il valait mieux manger de l’agneau de Nouvelle-Zélande. Oups, ça sent la gaffe! Eclairage.
Chaque année à l’approche de Pâques, les journalistes cherchent des sujets à développer autour de l’agneau. Ils questionnent immanquablement les éleveurs: "Alors, grosse période de travail pour vous? Le pré-salé à Pâques, ça doit cartonner. Que pouvez-vous nous dire? »
La vraie réponse est: "Les agneaux viennent de naître et l’herbe commence à peine à pousser, ils ne sont pas bons à manger". Mais Pâques représente une telle pression commerciale et symbolique qu’il ne faut pas casser le mythe, ni la stratégie des confrères éleveurs…
épisode 10 01© Montage Stéphanie Maubé
Nous sommes dans le Nord de la France, où notre végétation est plus tardive que dans les régions méridionales. Et comme la pousse de l’herbe influe sur le rythme de croissance des animaux, il faut comprendre que quand il n’y a pas d’herbe dans les prairies, les animaux sont dans des bâtiments, nourris de foin et d’aliment. L’aliment peut consister en bonnes céréales, mais ce n’est pas aussi complet que l’herbe. On y ajoute souvent des protéines pour booster la croissance, sous forme de tourteau de soja ou de colza, ainsi que du maïs, en grain secs ou "ensilé", c’est-à-dire broyé humide et conservé sous bâche plastique afin de l’acidifier. L’ensilage de maïs est l’aliment le plus complet, le moins cher et paradoxalement le plus local (car entièrement produit sur la ferme), c’est devenu l’aliment de base des vaches laitières. Son hégémonie est telle que depuis l’après-guerre, la culture du maïs a progressivement nivelé tous les paysages, qu’il s’agisse du bocage normand, des marais poitevin ou du littoral. C’est une "épidémie" qui annihile le caractère de chaque terroir et rend interchangeable la saveur des viandes nourries exclusivement avec cela.
La plupart des producteurs laitiers ne savent plus produire de lait sans ensilage de maïs (ni techniquement, ni financièrement). Le problème du maïs n’est pas le maïs… mais son omniprésence ! Il ne faut pas le bannir en bloc (les grains secs sont un bon aliment) et le bétail a besoin d’être complémenté l’hiver sous peine de mourir de faim. Mais il me semble important de savoir qu’en l’absence d’herbe, les animaux sont nourris artificiellement. Et ce qu’ils mangent, nous le mangeons indirectement.
épisode 10 02© Claude Hubert
A contrario, l’herbe constitue l’aliment complet idéal, ne nécessitant pas de travail quotidien de l’éleveur ni de bâtiment ni de machinisme… les animaux la broutent tout seuls. Il faut juste accepter d’attendre qu’elle pousse!
L’autre paradoxe de Pâques est qu’en Normandie, on apprécie les "gros agneaux", les bonnes carcasses généreuses, juteuses, à viande "rouge" d’animaux qui ont gambadé dans l’herbe, l’ont dégusté pendant des mois, et ont développé leur musculature en vivant dehors. Les agneaux qu’on aime sont des "broutards" et la période la plus plébiscitée est la fin d’été ou l’automne, quand l’animal a savouré les plantes de chaque saison. C’est justement le principe des prés-salés: un agneau imprégné des saveurs de la flore dans laquelle il a pris le temps de grandir.
L’agneau traditionnel de Pâques relève plutôt de l’agneau de lait, à viande pâle et saveur délicate (qui se mue en saveur farineuse et insipide quand il a été gonflé à l’aliment). En somme, une viande qui ne correspond même pas à la tradition gastronomique de la moitié Nord de la France.
Au journaliste radio qui insistait pour comprendre pourquoi certains éleveurs du Mont St-Michel vendaient des agneaux de Pâques, je n’osais répondre que ces agneaux n’étaient sans doute pas beaucoup sortis, et qu’appliquer le tarif élevé des prés-salés pour de la viande presque hors sol, ça sentait la supercherie…
épisode 10 03© Stéphanie Maubé
Comme ça sentait l’impasse de balancer ainsi, mais que je n’osais pas non plus bannir l’agneau du menu de Pâques, j’ai cherché une alternative qui sonnerait positive… Et je me suis souvenue qu’il y a quelques années, un collectif d’éleveurs travaillait sur le "goût" de l’agneau de prés-salés, en collaboration avec des techniciens, des chefs cuisiniers et des ingénieurs agronomes. Des dégustations à l’aveugle étaient organisées, et nous étions tous tombés dans le panneau en trouvant l’agneau de Nouvelle-Zélande très proche du nôtre gustativement.
La raison? Il vit dehors toute l’année, dans d’immenses herbages, et n’est jamais complémenté. Personne ne connaît son âge exact car il est envoyé à l’abattoir quand sa carcasse devient appétissante, sans doute autour d’un an. Il gambade, court, saute dans un relief abrupt, ce qui le muscle. La végétation et la vie au grand air confèrent à sa chair des fibres rouges, juteuses et aromatiques… c’est l’agneau d’herbe par excellence.
 
Le monde à l'envers...
Le monde à l'envers... 
© Claude Hubert
Son défaut réside dans son bilan carbone, il voyage sous vide, et il est souvent congelé. Mais d’un point de vue gustatif, il correspond mieux à une ripaille festive qu’un agneau insipide nourri aux granulés et au soja d’Amazonie.
J’ai ainsi conseillé aux auditeurs de France Bleu Cotentin de privilégier l’agneau néo-zélandais à un mauvais agneau français. Une phrase qui, sortie de son contexte et dénuée d’explication, me vaudra bien quelques ennemis dans la filière ovine…

"Une bergère contre vents et marées", épisode 11: Les prémices du printemps

"Une bergère contre vents et marées", épisode 11: Les prémices du printemps

Les prémices du printemps

Par  @Culturebox
Mis à jour le 07/04/2017 à 15H15, publié le 06/04/2017 à 21H32
Bergère 12 1© Claude Hubert
Le printemps est cette étrange transition pleine de grâce et de promesses: douceur des températures, diminution de la pluviométrie et des tempêtes, pousse de l’herbe. Pour autant, les bergers ne sont pas tirés d’affaire!
L’herbe croît certes, mais très lentement, à peine une pointe de verdillon, et les brebis ont un appétit monstrueux! Elles sortent d’un hiver enfermées à manger du foin et elles rêvent d’une végétation verte et fraîche. Sentir le réveil de la nature les rend folles. Elles ont besoin de reprendre des forces car elles sont en pic de lactation, et leurs agneaux ont cet incroyable appétit des ados en pleine croissance. Tout le monde a une faim de loup et dévore l’herbe plus vite qu’elle ne pousse.
Bergère 12 2© Claude Hubert
Mais mon élevage sur les prés salés est tributaire des mouvements de la mer, et le printemps est la période des marées d’équinoxe. Une semaine sur deux, une grande marée oblige à retirer le troupeau pour le mettre sur des prairies qui ne seront pas recouvertes par la mer. Mais ces herbages-là sont vite dévorés, et les brebis piétinent avec mépris le foin ou les céréales qu’on leur propose, de vraies furies!
Elles redoublent d’inventivité pour s’échapper afin d’aller grappiller de l’herbe dans les talus, les champs des agriculteurs ou les jardins des voisins. Elles bondissent au-dessus des clôtures, les soulèvent ou bien les décrochent de leur poteaux, elles font des trous dans le grillage, traversent des buissons d’épines, des fossés, des rivières!
Bergère 12 3© Claude Hubert
Cinq fois par jour, il faut aller les récupérer dans un endroit où elles ne devraient pas être, sous leurs bêlements indignés!
Bergère 12 8
© Carl Falaise
Une grande partie du travail de l’éleveur consiste en une surveillance permanente, tout en mesurant la pousse de l’herbe, et la suppliant d’accélérer! Le risque si les brebis ne trouvent pas leur compte, c’est qu’elles se tarissent et que cela stoppe la croissance de leurs agneaux. Sevrés trop jeunes, ils resteront alors malingres et mal foutus, jamais vendables.
Pour moi, le printemps est aussi le moment d’une nouvelle vague de naissances, issues de mon second troupeau, que je mène en décalé. Ce troupeau-là est surtout constitué de brebis avranchines, race locale menacée que je défends. Ces brebis ont un caractère particulier: elles n’aiment pas être enfermées, ni privées d’herbe. Quand on les force à rentrer en bergerie, elles font la grève de la faim. Elles restent couchées près de la sortie, butées, refusant de boire ou de manger. En s’affaiblissant ainsi, elles ratent leur agnelage, car elles n’ont plus la force d’allaiter leur agneau.
Après 3 ans à m’arracher les cheveux sur cet étrange trait de caractère, j’ai compris qu’il fallait leur ficher la paix et les laisser toutes seules dehors, puisque qu’elles le réclament. Je les présente donc au bélier plus tard, afin de les laisser passer l’hiver en plein air, dans les prairies sauvages, dont les qualités nutritionnelles leur suffisent.
Bergère 12 4
© Claude Hubert
Quand la date de mise-bas arrive (je sais à quel moment), je les rentre juste le temps de la naissance, et je les ressors aussitôt après. Elles font gravement la tronche pendant leur enfermement, mais cela ne dure que 3 jours. On les croirait en plein bogue technique: elles ne mangent pas, prennent une attitude de protection des agneaux et un air halluciné. Leurs qualités maternelles sont si exclusives qu’elles vont jusqu’à empêcher leurs petits de jouer. Assignés à dormir dans un coin, ils n’ont pas intérêt à moufter sous peine de remontrances courroucées. Elles ne se détendent que quand elles se retrouvent à l’air libre.
Bergère 12 5
© Stéphanie Maubé
La gestion émotionnelle des avranchines: un challenge pédagogique qui dépasse le cadre agricole! Je suis même presque sûre que c’est l'une des raisons qui incite tant d’éleveurs aux profils inattendus à choisir d’en élever pour les sauvegarder… Notre étrange petit groupe n’est constitué que de passionnés atypiques et inventifs, qui n’aiment pas non plus être enfermés, et qui revendiquent une liberté de penser affranchie des codes de l’agriculture dominante.

mercredi 5 avril 2017

Berger des Alpes et de Savoie : les dernières nouvelles. - Le blog de Pâquerette

Berger des Alpes et de Savoie : les dernières nouvelles. - Le blog de Pâquerette

Berger des Alpes et de Savoie : les dernières nouvelles.

par Pâquerette  -  3 Avril 2017, 14:51  -  #Chiens
Photo Emmanuel MARTINOD
Photo Emmanuel MARTINOD
APPEL :
 
Urgent, le chien berger des Alpes et de Savoie
a besoin de nous !

Action de SAUVETAGE

Nouvelle démarche du club de sauvegarde du Berger des Alpes et de Savoie
 

Depuis 5 ans plusieurs personnes essaient de refaire vivre et de maintenir actif  le club de sauvegarde
du  « Berger des Alpes et de Savoie ».
 
Cet hiver, M. Emmanuel MARTINOD a pris le taureau par les cornes. Il a recontacté la S. C. C. qui, ravie de son initiative, est prête à soutenir une nouvelle demande de reconnaissance en missionnant « le club de sauvegarde du Berger des Alpes et de Savoie » pour recommencer un  recensement.
Photos Emmanuel MARTINOD
Photos Emmanuel MARTINOD
Nous vous transmettons donc cet appel de Mr Emmanuel MARTINOD :
« Le travail qui nous attend est énorme ! Espérons que nous serons assez pour mener à bien cette reconnaissance pour une race exceptionnelle de chien de ferme qui doit d'une part, lutter contre la désertification de nos campagnes et d'autre part, son remplacement par une race plus « facile » au travail, le Border collie. Par ailleurs, une race très esthétique arrive également dans nos campagnes et se popularise, le berger australien. »
.Berger de Savoie Catherine CHRISTOPHORY (5).Berger de Savoie Catherine CHRISTOPHORY (2).Berger de Savoie Catherine CHRISTOPHORY (4).

Les pages de Mr MARTINOD
Berger de Savoie - VIROUNEEnsemble SAUVONS le Berger de Savoie !

Mr MARTINOD a donc grand besoin d'aide et
sollicite les bonnes volontés pour l'accompagner dans sa tâche
demande de lui signaler au plus vite les animaux détenus par les adhérent(e)s ou d'autres personnes pour les recenser.
 
Contact :
Club de sauvegarde du Berger des Alpes et de Savoie
Président Emmanuel MARTINOD  55 chemin du Bas Vorzier  74370 Les Ollières
Tél. 04 50 60 89 48 ou  06 95 35 00 74
emmanuel.martinod(at)wanadoo.fr 
( remplacer (at) par @ )

vendredi 31 mars 2017

Quand l'abattoir vient à la ferme

« Comment être éleveur, dire aimer ses animaux, tout en les amenant vers la consommation humaine . « «Quand l'abattoir vient à la ferme

« Comment être éleveur, dire aimer ses animaux, tout en les amenant vers la consommation humaine ».


J'’entends de plus en plus de discours prônant le végétarisme voire le végétalisme, points de vue que je respecte. Ce que je ressens aussi souvent, et c’est là que cela me dérange, c’est une volonté de certains d’abolir purement tout élevage à des fins alimentaires. Le terreau de développement de ces idées semble être d’une part la barbarie des élevages modernes qui considèrent les animaux comme des machines à produire dénuées de toute conscience, et d’autre part, je crois, une certaine vision de la vie et de la mort…
Je veux croire que les difficultés de l’agriculture moderne sont une belle occasion de construire quelque chose de plus humain.
J’aimerais parler de l’élevage que je pratique sur ma ferme et auquel je tiens.
Je suis éleveur, c’est un mot lourd de sens et de responsabilité. J’élève des brebis, des vaches, et il y a aussi des chèvres sur la ferme, ainsi que des poules, des chiens, des chats. Mon souci quotidien est que mes animaux se sentent bien dans leur vie, soient en bonne santé et que je sois en mesure de leur donner chaque jour tout ce dont ils ont besoin en qualité et en quantité. C’est une attention de chaque instant. Je peux dire que j’aime profondément mes animaux. Ma vie, celle de ma famille et leur vie sont profondément liées. Et pourtant, en conscience, je destine certains de mes animaux à notre alimentation, votre alimentation (pour ceux qui mangent de la viande…), et ainsi j’écourte leur vie. Comment est-ce possible ?
Après la mort…
Certains croient au Paradis, beaucoup de gens n’y croient plus et ne croient d’ailleurs plus à rien. La mort est donc pour eux une fin définitive. Pour ceux-là, si par anthropomorphisme ils pensent que la brebis a la même vision de la mort qu’eux, je comprends soit qu’ils arrêtent de consommer de la viande, soit s’ils n’y arrivent pas, qu’ils le vivent mal.
Anthropomorphisme :
Est-on sûr que nos peurs et nos angoisses soient les mêmes chez nos animaux domestiques, ou ont-ils les leurs ?
Prendre le temps de les observer, me fait de plus en plus penser qu’ils ont les leurs.
La vie la mort, la mort la vie.
Pour moi la mort n’est pas une fin, c’est le début de quelque chose de nouveau. Partout autour de nous dans notre environnement, la mort nourrit la vie, la bactérie décompose la matière organique morte qui nourrit la plante qui à son tour nourrira l’homme ou l’animal, et il en est ainsi depuis le début. En cela, j’accepte la mort pour nourrir la vie. Au sens global du terme, s’il n’y a pas de mort, il n’y a pas de vie. J’ose même franchir le pas et me dire qu’il y a une vie après la mort.
Je crois en la Vie. En cela je sais Ô combien la vie d’un être vivant est précieuse. Enlever la vie n’est pas anodin, et doit être fait en conscience.
 Je ne veux plus amener mes bêtes à l’abattoir.
L’abattage des animaux se fait dans des structures de plus en plus grosses, ou des gens travaillent toute la journée à donner la mort. C’est inhumain, et ça ne peut que conduire à de la maltraitance animale. Je ne veux plus amener mes animaux dans ces structures. Je veux qu’on nous autorise, nous éleveurs à prendre en charge l’abattage de nos animaux sur nos fermes. Les faire mourir là où ils sont nés, là où ils ont vécu, là où ils se sentent bien.
De l’interdépendance entre Homme, animaux et plante domestiques.
L’homme sédentarisé a souhaité s’assurer une alimentation diversifiée à portée de mains. Il a domestiqué des animaux et des plantes. Il a construit un système vivrier dans lequel chaque espèce a sa place et se complète. Les plantes domestiques ne poussent pas si bien sans un apport animal, et n’existeraient plus sans l’homme ; l’animal domestique ne vit pas sans un apport végétal apporté par l’homme et sans sa protection ; et aujourd’hui l’homme ne saurait plus se nourrir de cueillette et de chasse.
Mangez en conscience.
Ce texte a été rédigé par un éleveur de l’Ardèche, nous le remercions.

COMMENT VOUS POUVEZ SAUVER LA VIE D'UN MOUTON

Un mouton couché sur le dos est proche de la mort, mais peut être sauvé


... mais il est important de relever le mouton !!  BAA!

Les moutons ne dorment pas sur leur dos, donc si il vous arrive d'en  voir un dans cette position, vous devez aller vite. Ce mouton est proche de la mort.
Lorsque vous  entraînez un chien de berger, vous pouvez parfois être surpris par l'agilité d'un mouton, mais ils ne sont pas conçus pour se coucher sur le dos, et ils ne sont pas capables de  se redresser seuls.
Une brebis avec une toison lourde, voire  humide ou une brebis qui est  gestante ou grasse (résultant en un large dos plat) est le plus à risque d'être coincé si elle roule.
Il est peut-être au repos, ou il peut avoir essayé de gratter une démangeaison, mais il ne sera certainement pas mis  dans cette position dans ce but là (de dormir sur le dos ).
Un mouton couché sur le dos est vulnérable pour diverses raisons: non seulement il est une proie facile pour les corneilles ou les blaireaux, mais c'est contraire à sa propre biologie .
Pour digérer l'herbe, les moutons (et les vaches) ont un estomac à quatre compartiments. La plus grande chambre est le rumen, où les aliments fibreux fermentent. La fermentation produit du gaz, et quand les brebis sont couchées dans une mauvaise position ,   le gaz ne peut s'échapper.
Le gaz s' accumule et fait pression sur les poumons du mouton jusqu'à ce qu'il ne puisse tout simplement plus respirer.
Le scénario d'une combinaison d'étouffement et/ou d'attaque de  prédateur est assez sombre, mais il est facile de l'éviter. Arriver rapidement .Pour une brebis tournée vers le haut quand vous êtes en promenade, et agissez rapidement si vous en voyez une. Laissez votre chien à une distance du mouton si vous le pouvez, et ne craigniez pas de prendre la brebis à la main sur une bonne poignée de laine  pour redresser  la brebis retournée. 
Regardez la vidéo ci-dessus, pour savoir comment il est facile de sauver un mouton qui est couchée sur le dos, puis partager cette page afin que les autres puissent voir comment le faire aussi.

samedi 25 mars 2017

Une bergère contre vents et marées", épisode 9

Une bergère contre vents et marées", épisode 9: Swimming cool

Une bergère contre vents et marées", épisode 9: Swimming cool

Par  @Culturebox
Publié le 24/03/2017 à 12H00
Bergère 9 illustration© Claude Hubert
La féminité dans la ruralité? Elle nage entre deux eaux... Tant qu’à se mouiller, je préfère sauter dans le grand bain à pieds joints!
Cette semaine, l’école du village a repris le cycle de piscine, que j’accompagne parfois. Je garde de ma propre sportivité scolaire un souvenir tellement épouvanté que j’ai l’impression de rétablir un équilibre en revivant ces séances de manière positive (et sans bonnet de bain, ce qui est peut-être la revanche la plus glorieuse).
C’est aussi une manière de partager un moment avec mon fils et ses copains, car notre relation ne connaît que le rythme du quotidien. Nous ne sommes jamais partis en vacances ensemble, et je crois qu’il ne m’a jamais vue dormir ailleurs que dans mon lit. Je l’élève pourtant dans une idée d’ouverture au monde et de curiosité culturelle, mais tant que je ne peux pas l’emmener faire un vrai voyage, accompagner sa classe à la piscine semble un bon début.
Bergère 9 01© Claude Hubert
J’avoue avoir un dessein caché, une fine stratégie: améliorer l’image des agricultrices aux yeux des enfants. Certains trouvent que le métier de secrétaire constitue l’objectif d’une carrière féminine, parce qu’elles ont de jolis ongles, une petite voiture bien propre et que les 35h leur permettent de passer la serpillère tous les jours (à noter: je croyais que les grands salons vides en carrelage blanc n’existaient que dans les publicités Monsieur Propre, mais en fait ce choix décoratif est très répandu).
L’image que je donne à l’école est probablement navrante: sale et pauvre. Une maîtresse a même évoqué une dénonciation à la Protection Maternelle Infantile parce que mon fils avait parfois du foin dans les cheveux et des tâches sur son manteau. J’ai compris qu’il avait honte quand il a critiqué l’affiche de mouton collée sur ma camionnette… Puis un jour j’ai vu l’utilitaire de mon pote Louis, qui est dératiseur. Sa fille ne s’offusquait pas d’être conduite à l’école dans un véhicule décoré de rats, de cafards et de frelons, donc j’ai décidé que mon rejeton assumerait notre mouton.
Accompagner à la piscine me permet donc de prouver que
1/ j’ai les pieds propres sous mes bottes de travail
2/ ma profession est indécelable en maillot de bain
4/ on peut être paysan sans être un quinquagénaire bourru
 
Bergère 9 02© Claude Hubert
L'’agriculture est un des domaines professionnels les plus paritaires! Peu de femmes sont installées seules, mais beaucoup sont associées. Leur champ de compétence les oriente vers la comptabilité de la ferme, les soins délicats aux animaux, la commercialisation ou les marchés. Tandis que le machinisme ou le suivi de culture sont d’avantage du ressort des hommes. Ce qui peut sembler machiste! Pourquoi les hommes auraient-ils l’hégémonie des décisions techniques, en laissant aux femmes les tâches moins valorisantes, moins spécialisées, et surtout l’entière gestion du foyer?
Mon sens féministe se hérissait de ce constat, jusqu’à ce que mon père évoque une hypothèse bis, en analysant le comportement de nos ancêtres dans les Pyrénées. La vie quotidienne était rude et les pause-repas ritualisées: les femmes debout servaient les hommes assis… pour les faire manger plus vite et les renvoyer aux travaux des champs! Ainsi, cette apparente soumission cachait une gestion rigoureuse de la "main d’œuvre corvéable". Les femmes étaient les personnalités fortes et avaient la main sur le trousseau de clés et les sous, cette gestion domestique qui me semble dévalorisante était un enjeu de survie avant-guerre!
Quand je regarde les femmes agricultrices autour de moi, je les trouve belles et fortes, et courageuses. Pas soumises. Elles gèrent mieux la pression que leurs homologues masculins car elles ont une gestion plus précise de l’exploitation. Elles savent exprimer leurs émotions donc souffrent moins de détresse affective ou de maladies psychosomatiques. Leur caractère indépendant les ont incitées à quitter la ferme familiale plutôt que s’y laisser enfermer par mission du devoir entre deux parents omniscients. Et elles s’épanouissent dans le syndicalisme!
Les stagiaires que j’accueille, des super-nanas, n’autocensurent pas leur projet à cause de leur condition féminine, elles en font un moteur.
Bergère 9 03© Delphine Détrie / Lux for Films
Mais alors, pourquoi cette sensation d’être moins prise au sérieux parce que je suis une femme? Pourquoi dois-je lutter contre des calomnies sur ma vie privée? Pourquoi suis-je traitée d’allumeuse quand je dis bonjour, et d’arrogante quand je ne dis plus bonjour? Pourquoi me fait-on comprendre que ma place n’est pas ici?
Ce rejet n’est jamais venu du monde agricole. Les paysans ont certes un penchant pour les rumeurs, histoire de remplir les conversions avec les histoires des autres plutôt que se dévoiler eux-mêmes, mais ils ne sont pas misogynes. Ils savent à quel point une femme peut abattre du boulot, et que la survie de nombreuses fermes ne serait pas possible sans leurs compétences. Le dénigrement viendrait plutôt des habitants les plus défavorisés, qui ont grandi dans un triste cloisonnement culturel et social. Ceux-là même qui votent Front National, très présent dans nos petites communes. J’avoue que je ne soupçonnais pas une telle concentration de parcours sombres ponctués d’assistanat, malbouffe, violence domestique, mise sous tutelle, télévision comme seule fenêtre sur le monde, vocabulaire réduit au minimum… Sans parler de ce que l’on cache: le handicap, l’alcoolisme ou l’inceste. Je découvre ce qu’est la vraie mixité sociale, mais désertée de ses plus prometteurs individus, qui sont partis chercher des jobs qualifiés en ville. Quand on arpente les petits chemins dans la journée comme je le fais, on découvre le niveau de désœuvrement de ceux dont la vie est remplie de vide. Et dont l’ouverture au monde est proche de zéro. Leur horizon est si restreint que leur perception de la femme en pâtit: elle ne peut être qu’une discrète mère de famille ou une fille facile. Mais pas gérer sa propre affaire et s’exprimer insolemment dans l’espace public.
On a menacé de brûler ma bergerie, on l’a inondée en déversant des citernes d’eau, on a raconté que j’étais une actrice X – ce qui est sans doute lié: celui qui croit que je viens de cet univers ne comprend pas pourquoi je refuse ses avances. J’ai reçu cinquante lettres écrites sur des essuie-tout, menaçant de me tuer ou de se suicider devant chez moi. On m’a même attribuée la pratique de boire du sang d’agneau.
En conséquent, j’écarte l’idée d’une teinture rousse, au risque de me faire brûler comme sorcière.
Bergère 9 04© Claude Hubert
Les séances de piscine constituent une excellente parenthèse enchantée, entre maillots de bain Reine des Neiges, long cheveux à tresser et câlins spontanés des froussards de l’eau. La compétition entre parents accompagnateurs: s’incruster avec le groupe des Tortues dans le petit bain chauffé plutôt qu’avec les Pieuvres dans le grand bassin où on grelotte sans bouger!